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Le niveau de la dette publique du Gabon continue de progresser à un rythme soutenu. À la clôture de l’exercice 2025, l’encours total de la dette a atteint 8 780,3 milliards de FCFA, soit une augmentation de 23 % par rapport à l’année précédente. Selon les données relayées par Direct Infos Gabon, cette hausse représente plus de 1 647 milliards de FCFA supplémentaires en seulement douze mois.

Cette évolution s’explique principalement par l’explosion de la dette intérieure. Alors que les engagements extérieurs enregistrent une légère baisse pour s’établir à 4 127 milliards de FCFA, la dette contractée sur le marché national et régional a fortement progressé pour atteindre 4 652 milliards de FCFA, soit une hausse de 57 % sur un an.

Ce changement traduit une nouvelle stratégie de financement adoptée par les autorités gabonaises. Plutôt que de recourir aux prêts programmes traditionnels, dont les tirages ont fortement diminué, le Trésor public a privilégié les émissions de titres sur le marché financier de la CEMAC. Cette orientation a permis de mobiliser près de 3 450 milliards de FCFA, faisant du Gabon le principal émetteur de titres de la sous région. Si cette option offre un accès plus rapide aux ressources financières, elle soulève également des interrogations quant à son impact sur la disponibilité des financements pour les autres États de la CEMAC ainsi que pour le secteur privé.

L’augmentation de la dette ne résulte toutefois pas uniquement de nouveaux emprunts. Les travaux de vérification et d’assainissement des comptes publics, menés par la Task Force chargée du traitement du passif de l’État, ont conduit à la réintégration de 758,6 milliards de FCFA de dettes anciennes jusque là non comptabilisées. Il s’agit donc de la reconnaissance d’engagements déjà existants plutôt que de nouvelles obligations financières.

Cette progression de l’endettement exerce néanmoins une pression croissante sur les finances publiques. Les données reprises par Direct Infos Gabon indiquent que la loi de finances rectificative pour 2026 prévoit 487,6 milliards de FCFA au titre des charges financières de la dette, auxquels s’ajoutent 1 309,2 milliards de FCFA destinés au remboursement du capital.

Dans ce contexte, la gestion de la dette apparaît comme l’un des principaux défis budgétaires du gouvernement. Entre la nécessité de financer les investissements publics et celle de préserver l’équilibre des finances de l’État, les autorités devront maintenir une discipline budgétaire rigoureuse afin de conserver des marges de manœuvre suffisantes pour soutenir l’économie nationale.

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