Libreville, 19 mars 2026 – Après plus de dix ans de fermeture, les cités universitaires gabonaises retrouvent progressivement vie. Cette réouverture, attendue depuis longtemps par les étudiants, marque un tournant majeur pour améliorer leurs conditions de vie et redonner aux campus leur attractivité.
Une demande qui dépasse largement l’offre le 19 mars, la commission d’attribution des chambres du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) a examiné 1 198 dossiers. Parmi eux, 1 147 ont reçu un avis favorable. Mais le contraste est frappant : seuls 750 lits sont disponibles. Cette situation met en lumière le déséquilibre entre la demande croissante et les infrastructures existantes, illustrant l’ampleur du défi à relever.
Un choix pragmatique, mais contesté pour gérer cette pénurie, le CNOU, dirigé par Zora Syrielle Nzigou, a retenu un critère simple : le « premier paiement effectué ». Concrètement, seuls les 750 étudiants ayant réglé trois mois de caution seront logés. Si cette mesure permet de lancer rapidement le processus, elle pose la question de l’équité. Les étudiants les plus vulnérables, souvent les plus exposés à la précarité, risquent d’être exclus.
Le retour des cités : un espoir pour les étudiants la réouverture des campus rompt avec une décennie de précarité qui a poussé de nombreux étudiants vers des logements précaires, coûteux et insalubres, alimentant le phénomène des « marchands de sommeil ». La relance des cités universitaires s’inscrit dans la politique de la Ve République, impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, avec un objectif clair : restaurer la dignité des étudiants et moderniser les infrastructures universitaires.
Des progrès visibles, mais un chemin encore long la réhabilitation des logements existants, la rénovation des restaurants universitaires et la création de nouvelles structures sont autant de signes positifs. Sur le terrain, les effets commencent à se faire sentir. Mais la route reste longue : il faudra augmenter durablement le nombre de lits, assurer un accès équitable et stabiliser le système pour répondre pleinement aux besoins étudiants.
Un défi à relever pour l’avenir uu-delà de la réouverture, le véritable succès de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à répondre aux besoins sociaux des étudiants. Le logement universitaire n’est pas seulement une question d’infrastructures : il est au cœur de l’équité, de la réussite académique et du bien-être des étudiants. Sur les campus gabonais, la bataille pour un logement décent ne fait que commencer.
