La rencontre entre le Président de la République, Chef de l’État et Chef du gouvernement, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, et les responsables du groupe Ciments de l’Afrique (CIMAF), conduits par leur PDG Anas Sefrioui, au Palais Rénovation, illustre une nouvelle fois la direction économique que le Gabon tente de prendre depuis plusieurs mois. Derrière cette audience officielle, se dessine une ambition plus large, celle de construire un pays capable de produire davantage localement, de créer des emplois durables et de réduire progressivement sa dépendance extérieure.
Avec plus de 40 millions d’euros annoncés pour l’extension des capacités de production de CIMAF au Gabon, le projet dépasse largement le simple cadre industriel. Il s’inscrit dans la vision défendue par le chef de l’État, qui place désormais l’industrialisation au cœur de sa politique de transformation économique.
Depuis son arrivée au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les initiatives visant à relancer les grands chantiers, moderniser les infrastructures et encourager la transformation locale. Routes, logements, bâtiments administratifs ou équipements publics, augmentent les besoins du pays en matériaux de construction rapidement. Dans ce contexte, renforcer la production nationale de ciment apparaît comme une nécessité stratégique.
Le projet porté par CIMAF prévoit notamment la création d’une troisième ligne de production ainsi que l’extension de la clinkerie, un maillon essentiel dans la fabrication du ciment. Pour les autorités, l’objectif est d’éviter que le développement des infrastructures repose uniquement sur les importations et de permettre au pays de mieux contrôler sa chaîne de production.
Cette approche correspond à la volonté du président de voir émerger une économie plus autonome et davantage tournée vers la valorisation locale. Le Gabon ne veut plus seulement être un marché de consommation ou un territoire d’exploitation de matières premières. Il cherche progressivement à devenir un espace de transformation industrielle capable de soutenir sa propre croissance.
Au-delà des investissements, la question de l’emploi occupe également une place centrale dans cette dynamique. Selon les estimations avancées, près de 1 400 emplois pourraient être créés pendant la phase des travaux, avant l’ouverture d’environ 500 postes permanents lors de l’exploitation des nouvelles installations. Pour de nombreux jeunes Gabonais confrontés aux difficultés du marché du travail, ce type de projet représente un véritable espoir.
L’État gabonais semble aussi vouloir redéfinir sa relation avec les grands groupes étrangers. L’idée n’est plus uniquement d’attirer des investisseurs, mais de construire des partenariats capables de contribuer concrètement au développement national. Cette évolution traduit une volonté politique de mieux intégrer les intérêts du pays dans les grandes décisions économiques.
Déjà implanté au Gabon depuis plusieurs années, CIMAF apparaît aujourd’hui comme un acteur important du paysage industriel national. Son expansion accompagne directement les ambitions affichées par les autorités en matière de souveraineté économique et de transformation structurelle.
De par ce projet, le pouvoir gabonais cherche finalement à envoyer un signal fort d’un pays qui veut bâtir ses infrastructures avec des capacités locales renforcées, créer davantage d’emplois et reprendre progressivement la maîtrise de son développement économique. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’industrialisation n’est plus seulement un discours politique, elle devient un outil concret de construction nationale.













































