Le Gabon tourne officiellement une page importante de son histoire économique et maritime. Après près de vingt ans de coopération dans le secteur de la pêche, l’accord de partenariat qui liait le pays à l’Union européenne est arrivé à son terme et ne sera pas renouvelé. Une décision portée par les plus hautes autorités de l’État, qui y voient une étape majeure dans la reconquête du contrôle des ressources halieutiques nationales.
Depuis plusieurs années, cet accord faisait l’objet de critiques récurrentes au sein de l’opinion et de certains acteurs économiques. En cause, un modèle jugé peu avantageux pour le Gabon, dont les ressources marines étaient principalement exploitées au profit des marchés extérieurs. Une grande partie des captures réalisées dans les eaux gabonaises était exportée directement vers l’Europe, limitant ainsi les possibilités de transformation locale et les retombées économiques pour le pays.
Pour les autorités gabonaises, l’heure est désormais à une nouvelle orientation stratégique. En mettant un terme à ce partenariat, Libreville souhaite renforcer sa maîtrise de l’exploitation de ses ressources maritimes et encourager le développement d’une véritable industrie locale de la pêche. L’objectif affiché est de créer davantage de valeur sur le territoire national, tout en favorisant l’émergence d’activités génératrices d’emplois et de revenus.
Cette décision s’inscrit également dans une vision plus large de souveraineté économique défendue par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Le chef de l’État a à plusieurs reprises exprimé sa volonté de voir les richesses naturelles du pays contribuer davantage au développement national et au bien-être des populations.
Au-delà de l’enjeu économique, les autorités mettent aussi en avant la question de la sécurité alimentaire. En privilégiant une gestion plus directe des ressources halieutiques, le gouvernement entend renforcer l’approvisionnement du marché local et améliorer l’accès des populations aux produits de la pêche.
La fin de cet accord ouvre ainsi une nouvelle phase pour le secteur halieutique gabonais. Le défi consistera désormais à transformer cette volonté politique en résultats concrets, à travers le développement des capacités nationales de pêche, de transformation et de commercialisation. Pour Libreville, il s’agit d’un choix stratégique qui marque la volonté de faire de la ressource maritime un véritable moteur de croissance au service de l’économie nationale.

















































