Présentée comme l’un des projets routiers les plus ambitieux du Gabon, la future liaison entre Yombi, Mandji et Omboué peine encore à trouver son rythme de croisière. Alors que cette infrastructure est appelée à jouer un rôle majeur dans le désenclavement de plusieurs localités et dans le renforcement de la connexion avec Port-Gentil, les premiers constats dressés sur le terrain révèlent une avancée particulièrement limitée.
À l’occasion d’une mission de contrôle conduite par le ministère des Travaux publics et de la Construction, les autorités ont pu mesurer l’état réel d’avancement du chantier. Menée par Yvon Fabrice Mombo, directeur de cabinet du ministre, la délégation s’est rendue sur le tronçon Yombi–carrefour Rabi, première phase d’un projet routier de 244 kilomètres destiné à relier durablement Yombi, Mandji et Omboué.
Cette visite a permis aux responsables techniques de présenter les différentes composantes du projet, notamment les ouvrages hydrauliques, les ponts, les infrastructures d’accompagnement ainsi que le futur giratoire prévu au carrefour Rabi. Les représentants du ministère ont également inspecté plusieurs installations techniques, dont la base de l’entreprise chargée des travaux, Ebomaf, la centrale à béton et les voies provisoires aménagées pour faciliter les opérations.
Mais au-delà des aspects techniques, c’est surtout le niveau d’exécution du chantier qui a retenu l’attention. Selon les données communiquées lors de cette mission, seuls 2 % des travaux ont été réalisés depuis le lancement officiel du projet en septembre 2025. Un chiffre qui met en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain et qui interroge sur la capacité du projet à respecter les échéances initialement prévues.
Face à cette situation, les échanges entre les différents acteurs ont permis d’identifier plusieurs contraintes opérationnelles et techniques freinant la progression des travaux. Le ministère entend désormais renforcer le suivi du chantier afin d’améliorer la coordination entre les parties prenantes et d’accélérer l’exécution des différentes phases du projet.
Malgré ce retard, les autorités restent convaincues de l’importance stratégique de cette infrastructure. Une fois achevée, la route Yombi-Mandji-Omboué doit contribuer à améliorer la mobilité des populations, faciliter le transport des marchandises et renforcer les échanges économiques entre plusieurs zones du pays.
Le projet prévoit notamment la construction de onze ponts, de soixante-trois dalots, d’une chaussée d’environ onze mètres de large ainsi que de stations de péage, de pesage et d’arrêts de bus. Son impact ne se limite toutefois pas au réseau routier. Le programme intègre également plusieurs actions à caractère social, parmi lesquelles la réhabilitation d’établissements scolaires et de structures sanitaires, la réalisation de forages d’eau potable et l’accompagnement des populations concernées par les opérations d’expropriation.
Pour le gouvernement, cette route demeure un investissement structurant pour l’avenir. Au-delà du simple aménagement d’un axe de circulation, elle représente un outil de cohésion territoriale et de développement économique appelé à transformer durablement les conditions de mobilité dans cette partie du pays. Reste désormais à relever le défi de l’accélération des travaux afin de concrétiser les ambitions affichées autour de ce projet emblématique.

















































