Le Gabon s’engage dans un projet ambitieux de préservation environnementale, avec l’appui de Jeff Bezos et de son fonds Bezos Earth Fund (BEF). En partenariat avec une coalition internationale, ce fonds a initié une levée de fonds de 200 millions de dollars (environ 120 milliards de FCFA) pour soutenir le programme Gabon Infini, dont l’objectif est de protéger 30 % des terres et des espaces marins du pays d’ici 2030.
Ce geste de Bezos, qui a personnellement investi 50 millions de dollars dans le projet, dépasse le cadre d’une simple donation. Il s’inscrit dans une démarche plus large, où la conservation des écosystèmes devient une véritable stratégie de gestion d’actifs. Loin des modèles classiques de financement par subventions, ce programme repose sur une approche innovante : le Financement de Projet pour la Permanence (FPP). Ce modèle conditionne le déblocage des fonds à des critères législatifs et à des résultats tangibles en matière de préservation environnementale.
Pour le Gabon, cet investissement marque un tournant dans sa gestion des ressources naturelles. Au lieu de continuer à exploiter ses terres pour des projets extractifs, le pays choisit de valoriser son capital naturel, notamment à travers la création de crédits carbone. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), cette initiative pourrait générer jusqu’à 4,36 milliards de dollars, contribuant ainsi à une économie verte et durable.
Ce projet transforme la vision traditionnelle de la gestion des ressources naturelles. En choisissant de protéger ses écosystèmes, le Gabon se place en pionnier de la finance verte en Afrique, attirant l’attention sur un modèle économique où la nature elle-même devient un actif rentable. L’entrée de Jeff Bezos dans ce programme met le pays en position de leader, prêt à réinventer les règles économiques du Bassin du Congo. Plutôt que de s’appuyer sur des matières premières comme moteur économique, le Gabon mise désormais sur ses forêts et ses espaces marins pour capter des financements internationaux, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique.
À long terme, cette initiative pourrait bien redéfinir la manière dont les pays africains abordent la gestion de leurs ressources naturelles, et ouvrir la voie à de nouveaux partenariats entre le secteur privé et les gouvernements pour une planète plus verte et plus prospère.


















































