Sur la route qui relie Ndendé à Tchibanga, un nom revient avec insistance et inquiétude : Pegnoundou. Sur environ 30 kilomètres, ce tronçon est devenu pour les usagers un véritable passage à épreuves, où chaque trajet se transforme en fatigue, en retard, parfois en découragement.

Pourtant, Pegnoundou n’est pas un point isolé sur la carte. C’est une localité de la province de la Nyanga, au sud-ouest du Gabon, située sur un axe stratégique reliant des zones économiques et administratives importantes. Mais aujourd’hui, cet axe vital souffre encore d’une dégradation avancée qui pèse lourdement sur la mobilité des populations.
Après plusieurs mois d’arrêt, les travaux de réhabilitation ont été relancés en mai 2026, sous la conduite de la direction provinciale des travaux publics. Il s’agit principalement d’un reprofilage du tronçon, avec l’objectif affiché de désenclaver la zone et de rétablir progressivement la circulation.
Sur le papier, la reprise des travaux est un signal encourageant. Mais sur le terrain, les attentes restent fortes, presque urgentes. Car ce tronçon de 30 km continue de ralentir les échanges, d’augmenter les coûts de transport et d’isoler certaines communautés.
L’axe Ndendé–Tchibanga, long de près de 90 km, est censé être un corridor structurant pour la région. Pourtant, selon de nombreux usagers, c’est précisément à l’approche de Tchibanga que la route devient la plus difficile.
KETTA Sephora témoigne avec frustration :
« J’ai trouvé cette route fatiguante. Quand je reviens de Lambaréné vers Mouila, la route est magnifique, mais une fois arrivée à Pegnoundou pour Tchibanga, j’ai des regrets. »
Même constat chez Roland Ngoma, qui ne cache pas son amertume :
« Pour moi c’est un gâchis. À l’entrée même de la ville de Tchibanga, on retrouve 30 km non praticables sur un linéaire de 90,75 km. Pegnoundou, c’est un calvaire. »
Ces témoignages traduisent une réalité vécue au quotidien : celle d’un tronçon qui fragilise non seulement le confort de conduite, mais aussi l’économie locale, les déplacements médicaux, scolaires et commerciaux.
Au-delà des plaintes, une interpellation claire se dessine. Les populations attendent un suivi plus rigoureux des travaux et une accélération visible des chantiers. L’enjeu dépasse la simple réhabilitation d’une route : il s’agit de désenclaver durablement une zone entière et de rétablir une continuité territoriale effective.
Il est donc urgent que les autorités compétentes, notamment le ministère en charge des Travaux publics, renforcent la supervision de ce chantier. La reprise des travaux doit se traduire rapidement par des résultats concrets et visibles sur le terrain.
Car pour les usagers, la réalité est simple : une route ne se mesure pas en annonces, mais en kilomètres réellement praticables. Et aujourd’hui, à Pegnoundou, ces 30 kilomètres continuent de peser lourd dans la vie de ceux qui les empruntent chaque jour.















































