Au Gabon, certaines routes ne sont pas juste des axes de passage : elles sont le lien direct entre les populations, les marchés et les opportunités économiques. Aujourd’hui, plusieurs de ces liaisons clés se dégradent, rendant les déplacements plus longs, plus coûteux et parfois même imprévisibles.
Parmi elles, quatre tronçons concentrent toutes les attentions.
- Bifoun – Ndjolé (56 km) : une distance relativement courte sur le papier, mais qui peut devenir un véritable parcours du combattant lorsque la route se détériore.
- Tchibanga – Mayumba (109 km) : ici, l’enjeu est encore plus grand. Ce long axe est crucial pour relier l’intérieur à la côte et faciliter les échanges.
- Nsilé – Bifoun (63 km) : un segment stratégique pour la continuité du trafic, notamment pour les flux de marchandises.
- Ndendé – Tchibanga (91 km) : un autre maillon essentiel pour connecter plusieurs zones de production et soutenir l’activité locale.
Face à cette situation, les autorités ont décidé d’en faire une priorité. Le ministère en charge des Travaux publics entend remettre ces axes à niveau afin de rétablir une circulation plus fluide et soutenir l’activité économique. Mais pour y parvenir, il faut mobiliser des moyens importants. Le gouvernement s’active ainsi à réunir près de 155 milliards de francs CFA, une enveloppe prévue dans le cadre du Plan National de Croissance et de Développement.
Ce financement ne servira pas uniquement à relancer les chantiers en cours. Il doit aussi permettre de régulariser des dettes accumulées auprès de grandes entreprises du secteur des travaux publics. Au fil du temps, les retards de paiement ont fragilisé la relation avec plusieurs partenaires techniques, ralentissant fortement l’avancement des projets.
Certaines entreprises de premier plan, comme Sogea, Colas ou encore China Overseas Engineering Group, ont d’ailleurs été contraintes d’ajuster leur rythme de travail, voire d’interrompre temporairement leurs activités. En l’absence de décaissements réguliers, les chantiers se sont arrêtés, entraînant des conséquences en chaîne : coûts supplémentaires pour redémarrer les travaux, dégradation des infrastructures déjà entamées et hausse globale des dépenses à prévoir.
Dans ce contexte, la capacité de l’État à réunir les fonds nécessaires apparaît déterminante pour la suite. Elle conditionne non seulement la reprise effective des travaux, mais aussi la crédibilité du pays vis-à-vis de ses partenaires.
Au-delà de ces routes, les ambitions affichées sont plus larges. À travers le programme de développement, le Gabon souhaite renforcer son réseau de transport dans son ensemble. Cela passe notamment par la remise à niveau de certains aéroports provinciaux, mais aussi par la modernisation du Transgabonais, aujourd’hui fortement sollicité. Le développement de corridors régionaux et l’exploitation accrue des voies fluviales, notamment sur l’Ogooué et la Nyanga, figurent également parmi les priorités afin de mieux connecter les zones enclavées aux circuits économiques.
En filigrane, c’est toute la stratégie de transformation du pays qui se joue, avec l’objectif de faciliter les échanges, soutenir la production et renforcer l’intégration des différentes régions.















































