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Le gouvernement camerounais poursuit sa stratégie de reprise en main du secteur de l’électricité. Après avoir récemment racheté les parts du fonds britannique Actis dans l’entreprise Eneo, il envisage désormais de récupérer la principale centrale thermique à gaz du pays, située à Kribi. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures destinées à redresser un secteur encore fragilisé sur le plan financier.

L’annonce a été faite par le ministère de l’Eau et de l’Énergie à l’issue d’une réunion tenue le 27 avril 2026 à Yaoundé. Lors de cette rencontre avec des représentants de Premier Energies Ltd, venus explorer des opportunités d’investissement, les autorités ont dressé un constat clair : le système électrique national reste économiquement instable. Pour y remédier, plusieurs actions sont en cours, notamment la lutte contre la fraude, des ajustements tarifaires, une meilleure gestion des volumes, ainsi que la restructuration d’Eneo. La reprise de la centrale de Kribi figure parmi les priorités, avec l’ambition de rétablir un équilibre durable d’ici 2027.

Mise en service en 2013, la centrale de Kribi est un élément clé de l’approvisionnement énergétique du pays. Alimentée par du gaz naturel provenant du champ offshore de Sanaga Sud, elle alimente une grande partie du réseau interconnecté sud et dessert près d’un million d’usagers. Malgré son importance stratégique, son fonctionnement a été perturbé par les difficultés financières qui touchent l’ensemble de la chaîne électrique.

Les dettes accumulées par Eneo ont notamment conduit à l’arrêt temporaire des centrales de Kribi et de Dibamba entre fin 2024 et début 2025. Les impayés, estimés à 137 milliards de FCFA, ont fortement affecté la trésorerie de l’exploitant Globeleq, qui a depuis décidé de se retirer progressivement du marché camerounais pour se concentrer sur d’autres régions du continent.

Face à cette situation, l’État camerounais a choisi d’exercer son droit de préemption afin de reprendre la main sur ces infrastructures jugées essentielles. Plusieurs acteurs locaux avaient pourtant manifesté leur intérêt pour leur acquisition, mais les autorités privilégient un retour dans le domaine public afin de sécuriser la production.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du secteur. L’État détient désormais une participation largement majoritaire dans Eneo, après le rachat des parts d’Actis. Toutefois, certaines démarches administratives, notamment liées aux transferts financiers et aux ajustements fiscaux, ralentissent encore la finalisation de l’opération.

Au-delà des aspects financiers, l’enjeu est aussi énergétique. La centrale de Kribi représente environ un cinquième de l’électricité injectée dans le réseau national et joue un rôle crucial lors des pics de consommation, notamment dans les grandes villes. Dans un pays où l’hydroélectricité domine mais reste dépendante des conditions climatiques, cette centrale à gaz offre une flexibilité précieuse.

En reprenant le contrôle de cette infrastructure, le gouvernement cherche avant tout à garantir la continuité du service et à renforcer la stabilité du système électrique national.

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