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C’est une affaire qui glace le sang et qui vient de secouer la communauté d’Abinda, dans le département de la Sébé-Brikolo. Deux hommes, dont celui qui était censé veiller sur les enfants de l’école, se retrouvent aujourd’hui en prison pour avoir abusé de jeunes filles de 12 et 14 ans. Des faits d’une gravité extrême, qui auraient duré plusieurs mois dans l’ombre, avant qu’une tante courageuse ne brise le silence.

C’est précisément ce silence qui a permis à ces violences de se prolonger. La première victime, Tricia, 14 ans, n’avait rien dit. Les menaces pesaient sur ses épaules d’adolescente, et la peur l’avait réduite au mutisme. C’est sa tante, dame Nkié, qui a fini par remarquer des changements physiques chez la jeune fille. En insistant, en prenant le temps d’écouter, elle a obtenu les confidences qui allaient tout faire basculer. Tricia était enceinte. Et elle a désigné son directeur d’école comme l’auteur présumé des faits.

L’enquête menée par l’antenne provinciale des Recherches du Haut-Ogooué de la Gendarmerie Nationale a permis d’identifier rapidement les deux suspects. Le premier, Darel Lontchoma Lekhouyi, 31 ans, était directeur de l’école publique d’Abinda l’établissement même que fréquentaient les victimes. Le second, Lariche Darley Mbomo Mazoma, 19 ans, est élève en classe de 6ᵉ au lycée Luc Okenkali. Les investigations ont révélé qu’une deuxième enfant avait également été victime d’abus : une fillette de 12 ans, sœur cadette de l’épouse du directeur, scolarisée dans la même école. Les examens médicaux ont confirmé des violences sexuelles répétées. La petite fille a mis en cause son frère aîné.

Présentés le mercredi 24 juin devant le magistrat instructeur du tribunal de première instance de Franceville, les deux hommes ont reconnu les faits. Face aux enquêteurs, le directeur aurait lâché : « Je ne sais pas ce qui m’a poussé à le faire… Que la justice fasse son travail. » Une phrase qui résume à elle seule l’absence de remords apparent. Le magistrat a ordonné leur placement sous mandat de dépôt à la prison centrale de Franceville.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière un phénomène trop souvent minimisé : les violences sexuelles commises au sein même du milieu scolaire, là où les enfants devraient être en sécurité. Les méthodes utilisées menaces, manipulation, chantage affectif sont celles des prédateurs qui exploitent la confiance et la vulnérabilité des plus jeunes. Et le silence des victimes, écrasées par la peur ou la honte, reste le principal allié de leurs bourreaux.

Ce drame rappelle, avec une brutalité sans fard, l’urgence de renforcer la vigilance dans les établissements scolaires, de mieux former le personnel éducatif à détecter les signaux d’alerte, et de mettre en place des canaux de signalement accessibles et protecteurs pour les enfants. Parfois, c’est simplement le regard attentif d’une tante qui change tout.

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