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Cette dégradation serait principalement liée à l’évolution du déficit budgétaire. Après avoir représenté 3,3 % du PIB en 2024, celui ci devrait atteindre 8,5 % en 2025, puis environ 10 % en 2026, avant de s’établir à 11,2 % en 2027. Une trajectoire qui pourrait pousser l’État à davantage recourir à l’emprunt pour couvrir ses besoins de financement, alors même que le poids du service de la dette continue de peser sur les comptes publics.

Le scénario gabonais se distingue par ailleurs de la tendance observée à l’échelle de l’Afrique subsaharienne. Dans la région, le ratio médian de dette publique devrait passer de 57,2 % du PIB en 2024 à 53,1 % en 2025. Plusieurs pays, notamment l’Éthiopie, le Ghana et la Zambie, ont engagé des opérations de restructuration destinées à rétablir progressivement leurs équilibres financiers.

Pour le Gabon, l’enjeu porte désormais sur la capacité des pouvoirs publics à contenir les dépenses et à améliorer la gestion des ressources disponibles. Le FMI estime notamment que les revenus tirés du pétrole ne sauraient constituer, à eux seuls, une réponse durable à la progression de l’endettement. L’institution recommande plutôt d’utiliser les recettes exceptionnelles pour réduire les dettes les plus coûteuses, apurer les arriérés de paiement et renforcer les réserves financières du pays.

Le FMI préconise également un meilleur encadrement des dépenses publiques lorsque les cours des matières premières sont favorables. L’objectif est d’éviter que les périodes de recettes pétrolières élevées ne se traduisent par une hausse durable des dépenses, difficile à maintenir lorsque les revenus diminuent.

Pour autant, les projections du FMI ne signalent pas un risque immédiat de défaut de paiement. Une dette importante peut rester soutenable à condition que l’économie soit suffisamment dynamique pour générer les ressources nécessaires à son remboursement.

Pour Libreville, le défi consiste donc désormais à inverser progressivement la tendance. La réduction des déficits, le soutien à la croissance et la capacité à transformer les emprunts en investissements productifs apparaissent comme des conditions essentielles pour contenir l’endettement et préserver la soutenabilité des finances publiques.

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