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L’ambition est de doter Douala d’un moyen de transport collectif moderne pour répondre à la pression croissante sur les déplacements urbains. Le tracé envisagé s’étendra sur environ 20 kilomètres, entre l’échangeur de Bekoko et le carrefour SCDP, à Ndongsimbi, en passant notamment par le rond-point Deido. Un axe stratégique qui pourrait contribuer à fluidifier la circulation dans une ville confrontée à d’importantes difficultés de mobilité.

Pour financer cette infrastructure, la municipalité mise sur un partenariat à capitaux majoritairement privés. Les entreprises intéressées devront se regrouper autour de trois compétences essentielles : la construction ou l’intégration de systèmes ferroviaires, l’exploitation de réseaux de transport et la mobilisation de financements. Les investisseurs retenus pourraient ainsi prendre en charge l’ensemble du projet, depuis les études et la conception jusqu’à la construction, l’exploitation et la maintenance.

Les ambitions affichées sont particulièrement importantes. La CUD estime que la future ligne pourrait transporter jusqu’à 750 000 voyageurs par jour, alors que les déplacements quotidiens sur le corridor concerné sont évalués à environ 1,5 million. Aux heures de pointe, les rames devraient se succéder toutes les quatre minutes. La municipalité annonce également un tarif social inférieur à 500 FCFA, avec une concession envisagée pour une durée minimale de 30 ans.

Pour rendre l’opération attractive, la Communauté urbaine prévoit plusieurs avantages à destination des futurs partenaires. Ceux ci pourraient notamment bénéficier des dispositifs fiscaux prévus par l’ordonnance du 18 juillet 2025 relative aux incitations à l’investissement au Cameroun. Des exonérations sur les droits de douane applicables au matériel roulant, ainsi que des avantages en matière de TVA et d’impôt sur les sociétés, sont évoqués, sous réserve des conditions d’éligibilité et des agréments nécessaires.

La municipalité envisage également de garantir aux investisseurs une occupation exclusive du corridor pendant au moins 30 ans, avec cinq hectares réservés à l’installation du centre de remisage. D’autres mécanismes sont prévus, notamment une possible capitalisation des redevances d’exploitation, l’inscription d’une ligne budgétaire spécifique et des dispositifs de soutien financier destinés à limiter une partie des risques liés à la fréquentation.

Mais au-delà des financements et des travaux, la question de l’alimentation électrique pourrait peser sur la réussite du projet. Le fonctionnement d’un tramway exige une fourniture d’énergie régulière, particulièrement avec une fréquence de circulation annoncée de quatre minutes aux heures de pointe. Dans un pays où les perturbations de l’approvisionnement électrique restent récurrentes, la sécurisation de cette ressource représente un enjeu majeur.

Cette difficulté avait déjà été identifiée lors des précédentes étapes du projet. En 2019, le consortium belgo turc Iristone Ilci avait notamment évoqué la construction d’une centrale électrique autonome dans la zone industrielle de Bonabéri. L’installation devait assurer les besoins énergétiques du tramway, tout en contribuant à l’alimentation de certaines unités industrielles. Cette option avait également été mentionnée dans les annonces faites en 2022 par le maire de Douala, Roger Mbassa Ndine. Pour l’heure, le nouvel appel à manifestation d’intérêt ne précise pas si cette centrale figure toujours parmi les solutions envisagées.

L’autre grande interrogation concerne le calendrier de réalisation. Car le tramway de Douala n’est pas une idée nouvelle. Le projet remonte à octobre 2011, lorsque le président Paul Biya avait évoqué la mise en place d’un système de transport de masse comprenant notamment une ligne de 18 kilomètres.

En 2016, le dossier avait semblé prendre une nouvelle dimension avec la signature d’un mémorandum d’entente entre la Communauté urbaine, Iristone Consulting et Ilci Holding. Les partenaires devaient alors conduire les études nécessaires et préparer le financement ainsi que la construction d’une première ligne. Pourtant, cette initiative n’avait pas abouti au lancement des travaux.

Six ans plus tard, en mars 2022, Roger Mbassa Ndine avait de nouveau annoncé un démarrage du chantier en 2023. L’échéance n’avait finalement pas été respectée, les procédures administratives et techniques ayant notamment été évoquées pour expliquer les retards. En 2024, la municipalité avait annoncé vouloir reprendre la maîtrise d’ouvrage du projet, sans avancée publique majeure depuis lors.

Avec ce nouvel appel à manifestation d’intérêt, Douala tente donc une nouvelle fois de transformer une ambition vieille de plus de quinze ans en infrastructure concrète. Reste désormais à savoir si les investisseurs répondront présents et si les conditions financières, techniques et énergétiques permettront enfin de faire sortir ce tramway des annonces pour le mettre au service des habitants.

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