Les résultats de cette opération d’assainissement ont été présentés mardi 22 septembre à Libreville par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong. La Commission exceptionnelle des litiges, mise en place pour examiner les situations jugées irrégulières, a travaillé du 8 juin au 24 juillet 2026 avant que ses conclusions ne soient prises en compte par le Conseil des ministres du 18 septembre.
Au total, 1 765 situations ont été examinées lors de cette phase. Selon les données communiquées par le ministère, 1 473 ont conduit à une radiation, tandis que les autres dossiers ont fait l’objet de réhabilitations ou de mesures administratives particulières. L’objectif affiché est de remettre de l’ordre dans le fichier servant au paiement des agents de l’État et de rapprocher les effectifs enregistrés de la réalité du terrain.
Les situations relevées ne concernent pas uniquement les abandons de poste. Le bilan présenté par le ministère fait également état de décès non déclarés, de départs à la retraite non régularisés, de ruptures de contrats, de changements de statut ou encore de situations liées à d’anciens membres de cabinets. Parmi les radiations figurent notamment 589 cas avec maintien des droits à pension, 110 sans maintien de ces droits et 600 concernant des agents de la main d’œuvre non permanente.
Certains dossiers ont également nécessité un examen particulier. La ministre a notamment expliqué que des agents se trouvaient à l’étranger depuis plusieurs années, parfois pour des raisons médicales. Dans ces situations, l’absence doit pouvoir être justifiée et signalée à l’administration. Le gouvernement entend ainsi rappeler que la gestion d’une carrière publique repose aussi sur le respect des procédures administratives.
La répartition des dossiers montre par ailleurs que certains secteurs ont davantage été concernés par les anomalies recensées. L’Éducation nationale arrive en tête avec 384 situations examinées, suivie de la Santé avec 222 dossiers et du ministère de l’Économie et des Finances avec 111 cas. Ces trois secteurs concentrent ainsi une part importante des dossiers traités.
Derrière ces chiffres se trouve surtout une question budgétaire. Selon les données communiquées par le ministère, 1,905 milliard de FCFA de bons de caisse ont été reversés entre octobre 2024 et janvier 2025. À cela s’ajoutent 9,414 milliards de FCFA correspondant à des salaires suspendus entre février 2025 et juin 2026. L’impact financier annoncé atteint ainsi 11,319 milliards de FCFA. Le gouvernement estime que la régularisation de ces situations permettra à l’État d’économiser près de 11 milliards de FCFA chaque année sur sa masse salariale.
Cette économie prend une dimension particulière au regard du poids des dépenses de personnel dans les finances publiques. En 2025, elles étaient estimées à 809,1 milliards de FCFA. Pour les autorités, la fiabilisation du fichier de solde constitue donc un levier pour mieux maîtriser cette dépense et éviter que l’État ne continue à rémunérer des personnes dont la situation administrative ne correspond plus à la réalité.
Mais l’opération ne s’arrête pas aux radiations. Le Conseil des ministres a demandé aux administrations concernées de notifier les décisions aux agents concernés et de procéder à la mise à jour des actes de gestion. L’enjeu est désormais d’empêcher que les mêmes anomalies ne se reproduisent dans les fichiers administratifs.
La ministre Laurence Ndong a également insisté sur la nécessité de renforcer la rigueur dans le suivi des agents, les recrutements et la gestion des carrières. Selon elle, l’administration doit pouvoir disposer d’un fichier régulièrement actualisé, permettant de connaître avec précision les agents effectivement en fonction et leur situation administrative.
Cette réforme ouvre donc une nouvelle étape pour la Fonction publique gabonaise. Au-delà des 1 473 radiations annoncées, le véritable enjeu sera désormais de maintenir dans la durée un fichier fiable et de renforcer les mécanismes de contrôle. Pour l’État, l’objectif est double : assainir les effectifs et transformer les économies attendues sur la masse salariale en un résultat durable de gestion publique.
