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Congo : le datacenter national attendu fin 2026 pour sécuriser les données de l’État et accélérer la souveraineté numérique

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Le 23 septembre, le vice Premier ministre chargé des Infrastructures, Jean Jacques Bouya, s’est rendu sur le site afin d’évaluer l’état d’avancement des travaux. À cette occasion, Sumec Group Corporation, l’entreprise chinoise chargée de la réalisation du projet, a confirmé l’objectif d’une mise en service avant la fin de l’année.

Cette annonce intervient après un important retard. Lancés en 2024, les travaux avaient été suspendus en octobre 2025 en raison de difficultés liées au financement public. Le chantier affichait alors un niveau d’exécution estimé à 95 %, laissant l’ouvrage proche de son achèvement mais toujours inutilisable.

Implanté dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, Bacongo, sur l’ancien site de l’Union africaine des postes et télécommunications, le datacenter doit devenir l’un des principaux points d’appui de la transformation numérique du pays. Il permettra notamment d’héberger, de traiter et de protéger sur le territoire congolais les données liées aux services publics et aux activités civiles.

Le projet s’inscrit dans la participation du Congo à la Dorsale à fibre optique d’Afrique centrale, connue sous le nom de CAB. L’ensemble bénéficie d’un financement de 43,65 milliards de FCFA, soit environ 66,5 millions d’euros, mobilisé avec le concours de la Banque africaine de développement et de l’État congolais.

Sur le plan technique, l’infrastructure a été pensée pour répondre à des exigences élevées de disponibilité. Le bâtiment compte trois niveaux et un sous sol, avec environ 250 m² par niveau. Les équipements informatiques seront installés dans des espaces sécurisés dotés de systèmes de confinement adaptés aux infrastructures de données modernes.

La continuité de fonctionnement constitue également un élément central du dispositif. Trois groupes électrogènes d’une capacité de 3 000 kVA chacun doivent assurer jusqu’à 72 heures d’autonomie, tandis que deux réservoirs de carburant de 40 000 litres chacun sont prévus pour alimenter les installations en cas de coupure du réseau électrique.

Les responsables du projet étudient également une solution combinant le réseau électrique national et l’énergie solaire. L’objectif est de réduire les risques liés aux interruptions d’électricité et de tester un modèle d’alimentation plus autonome, dans la continuité de l’expérience développée au centre solaire de Kintélé.

À terme, le datacenter doit accueillir les applications de l’administration ainsi que plusieurs données stratégiques de l’État. Pour les autorités congolaises, cette centralisation représente un enjeu majeur de souveraineté numérique, puisqu’elle doit contribuer à réduire la dépendance à l’égard de serveurs situés à l’étranger.

Le projet porte également une ambition régionale. Une fois opérationnelle, l’infrastructure pourrait contribuer à renforcer la position du Congo dans les échanges numériques en Afrique centrale, avec des connexions envisagées notamment avec la République centrafricaine et le Cameroun.

Le paysage congolais dispose déjà de plusieurs infrastructures informatiques exploitées par les opérateurs télécoms, notamment MTN Congo, Airtel Congo et Congo Telecom. Ces installations répondent toutefois principalement aux besoins techniques propres à leurs activités. Le pays ne dispose pas encore d’un grand datacenter commercial neutre de niveau Tier III exploité par un acteur international.

Et Brazzaville ne compte pas s’arrêter à ce premier équipement. Les autorités travaillent déjà sur la prochaine étape de leur stratégie numérique. En juillet 2026, lors d’une mission en Chine menée par le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nze, des échanges ont notamment eu lieu avec des industriels chinois autour de la construction d’un nouveau centre de données et du développement d’un cloud souverain.

Avec la livraison annoncée du premier datacenter national avant la fin de 2026, le Congo cherche ainsi à franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Au delà de l’hébergement des données publiques, l’enjeu est désormais de disposer d’infrastructures capables de soutenir durablement la digitalisation de l’administration et de renforcer l’autonomie numérique du pays

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