Réunis le 16 août à Baraka Mission, les membres du collectif ont organisé un point de presse pour présenter leur position après la décision du ministère de l’Intérieur, rendue publique le 15 août, de suspendre à titre conservatoire le directoire désigné à l’issue du Synode national.
Pour le collectif, cette décision constitue une « ingérence » dans le fonctionnement de l’Église. Par la voix de l’ancien d’église Simon Obiang Akué, ses membres assurent que le Synode s’est déroulé conformément aux textes qui régissent l’EEG.
Au centre de la controverse figure notamment l’élection du nouveau président du Conseil national. Selon les explications données par le collectif, plusieurs tentatives auraient été menées pour parvenir à un consensus entre les candidats, sans succès. Face à cette situation, l’article 55 de la Constitution de l’Église aurait été appliqué.
Le révérend Moïse Ovono Megne ayant maintenu son refus, le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane aurait finalement été élu par plébiscite avant d’être installé à la tête du nouveau directoire.
Mais la contestation ne porte pas uniquement sur la décision administrative. Le collectif dénonce également ce qu’il présente comme une intervention des forces de l’ordre au sein même du siège de l’EEG. Selon Simon Obiang Akué, des policiers auraient pénétré dans l’enceinte de l’Église, jusqu’au temple, alors que les travaux du Synode étaient en cours et qu’aucun trouble n’aurait été constaté.
Autre sujet de tension évoqué lors du point de presse : le soutien supposé des autorités à l’un des candidats à la présidence du Conseil national. Le collectif affirme que le pasteur Moïse Ovono Megne aurait lui même déclaré que sa candidature bénéficiait du soutien de l’État.
Ces accusations alimentent davantage les interrogations autour de la crise actuelle, alors que les fidèles souhaitent avant tout un retour au calme. Au sein du collectif, certains appellent désormais à laisser l’Église gérer ses propres affaires et à éviter que le conflit institutionnel ne s’enlise.
Face à cette situation, les représentants du collectif disent compter sur l’intervention du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin de favoriser un retour à la sérénité au sein de l’Église évangélique du Gabon.
La crise reste donc ouverte entre les instances religieuses issues du Synode et la décision du ministère de l’Intérieur. Dans l’attente des prochaines évolutions, la question de l’autonomie de l’EEG et de ses mécanismes internes de désignation demeure au cœur des préoccupations exprimées par les fidèles.
