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600 000 FCFA. C’est le prix unique fixé par le gouvernement pour l’acquisition d’une parcelle allant jusqu’à 2 000 m². Le lancement par le gouvernement, de cette opération de régularisation massive, est un véritable dumping sur le marché foncier pour solder le passif de l’occupation illégale.

Dans son communiqué publié jeudi 29 janvi6, le Ministère de l’Habitat a dévoilé la grille tarifaire de son opération « Régularisation » destinée aux 5 100 familles occupant illégalement les terrains de la SNI.

Les prix ont été divisés par dix, voire par vingt, par rapport aux réalités du marché.

Une anomalie de marché

Pour comprendre la portée économique de l’annonce, il faut sortir la calculatrice. En fixant le prix à 600 000 FCFA pour des terrains allant jusqu’à 2 000 m², le coût du mètre carré tombe potentiellement à 300 FCFA.

Même pour une parcelle plus modeste de 500 m² (un standard à Libreville), le coût revient à 3000 FCFA le m².

Un tarif introuvable dans le Grand Libreville, et encore moins dans des zones prisées comme Akanda ou la zone industrielle d’Owendo, où le foncier titré se négocie souvent à plusieurs millions de francs.

Pour la tranche supérieure allant de 2 000 à 4 999 m², le tarif de 1,2 million FCFA reste symbolique.

L’État accepte donc une perte sèche comptable sur la valeur théorique de ces terrains pour privilégier le volume et la résolution du conflit.

Une manne de 3 milliards pour la SNI

Si le prix est dérisoire pour l’acquéreur, l’opération n’est pas neutre pour les caisses de la Société Nationale Immobilière (SNI).

Avec 5 100 familles concernées, et en prenant une hypothèse basse où la majorité des terrains seraient facturés au tarif de base, cette régularisation pourrait rapporter plus de 3 milliards de FCFA en l’espace de quatre mois.

Cette injection de liquidités « fraîches » est bienvenue pour l’organisme public, qui transforme ainsi des actifs dormants et squattés en trésorerie immédiate.

Le pragmatisme du Mobile Money

L’autre aspect économique notable est l’adaptation aux réalités des ménages concernés.

Le ministère sait que sortir 600 000 FCFA d’un coup est impossible pour beaucoup de ces familles précaires.
Avec l’autorisation du paiement échelonné et, surtout, l’usage du Mobile Money (Airtel Money et Moov Money), l’administration contourne la bancarisation souvent faible de ces populations.

L’objectif est de lever toutes les barrières financières et techniques pour maximiser le taux de recouvrement avant la date butoir du 31 mai 2026.

Passé ce délai, la « promotion » prendra fin, et la facture risque d’être beaucoup plus salée.

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