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Gabon : 10 milliards de FCFA dépensés chaque année pour importer des oignons, l’oignon violet d’Iloungou dans la Nyanga peut il changer la donne ?

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Selon les estimations de la Direction générale de l’Agriculture, le Gabon consacre chaque année entre 9 et 10 milliards de FCFA aux importations d’oignons. Une facture importante qui illustre les possibilités offertes aux producteurs locaux, à condition qu’ils parviennent à fournir des quantités suffisantes, régulières et compétitives pour répondre à la demande des consommateurs.

C’est dans ce contexte que la coopérative Iloungou entend valoriser les terres de la Nyanga. Pour son président, Landry Mounguengui, le développement de la production nationale pourrait déjà représenter une avancée significative. Il estime qu’atteindre un milliard de FCFA de production locale constituerait un premier objectif encourageant.

La récolte organisée à Moulengui Binza, avec la participation de responsables locaux et de représentants de l’administration agricole, témoigne de cette volonté de faire de l’agriculture un véritable levier de développement. Au delà des oignons récoltés, l’ambition est aussi de créer des emplois, de soutenir les producteurs et de donner davantage de valeur aux terres agricoles de la province.

Mais entre récolter quelques parcelles et approvisionner durablement les marchés gabonais, le chemin reste important. Pour augmenter les volumes, les producteurs doivent pouvoir investir dans les semences, l’irrigation, les équipements, le stockage et le transport. Autant de dépenses qui nécessitent des ressources financières adaptées aux réalités du secteur agricole.

Or, selon Landry Mounguengui, l’accès au crédit demeure une difficulté majeure. Le responsable déplore notamment l’absence de la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon dans les provinces de la Nyanga et de la Ngounié. Une situation qui, selon lui, complique l’accès des agriculteurs aux financements nécessaires pour développer leurs activités.

Cette question est déterminante. Sans accompagnement financier, les producteurs risquent de rester limités à des volumes modestes, alors que la réduction des importations suppose une production locale capable de répondre aux besoins du marché tout au long de l’année. Il faudra également disposer de capacités de conservation suffisantes pour limiter les pertes après récolte et garantir une disponibilité régulière des produits.

Pour les consommateurs, le développement d’une filière locale pourrait, à terme, diversifier l’offre et contribuer à mieux maîtriser l’approvisionnement. Toutefois, une éventuelle baisse des prix ne peut être garantie sans données sur les coûts de production, les volumes disponibles et les conditions de commercialisation.

L’expérience d’Iloungou pose ainsi une question centrale pour l’avenir agricole du Gabon : comment donner aux producteurs les moyens de passer d’initiatives locales à une production capable de concurrencer durablement les produits importés ? La récolte de l’oignon violet dans la Nyanga ouvre une piste intéressante. Reste à savoir si le financement suivra pour faire grandir cette ambition et permettre à la production nationale de peser réellement sur les 9 à 10 milliards de FCFA consacrés chaque année aux importations d’oignons.

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