À Nairobi, la rencontre entre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et la directrice générale du groupe Eramet, Christel Bories, traduit une volonté de plus en plus affirmée des autorités gabonaises : faire en sorte que les richesses du sous-sol profitent davantage aux populations.
Depuis plusieurs années, le manganèse représente l’une des principales ressources minières du Gabon. Mais pour beaucoup de Gabonais, une question revient souvent : pourquoi un pays aussi riche en ressources peine encore à créer suffisamment d’emplois et d’activités locales ?
C’est précisément ce que le pouvoir actuel cherche à changer. À travers sa politique de transformation locale, le chef de l’État veut progressivement sortir d’un modèle centré uniquement sur l’exportation brute des matières premières. L’objectif affiché est désormais de transformer davantage le manganèse sur place afin de créer de la valeur, développer les compétences nationales et ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles à la jeunesse gabonaise.
Lors des échanges à Nairobi, les discussions ont porté sur une nouvelle étape du partenariat entre l’État gabonais et Eramet. Les deux parties semblent vouloir avancer de manière plus concrète, avec un calendrier de travail défini et des projets structurés autour de la transformation industrielle.
Pour les autorités, cette ambition ne se limite pas à la construction d’usines. Elle s’inscrit dans une vision plus large portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, celle de bâtir une économie capable de créer davantage d’emplois locaux et de réduire progressivement la dépendance du pays aux exportations de matières premières non transformées.
Autour du manganèse, plusieurs activités pourraient se développer : maintenance industrielle, transport ferroviaire, logistique, énergie, sous-traitance ou encore services techniques. Pour de nombreux jeunes Gabonais, ces nouveaux métiers représentent aussi l’espoir d’une insertion professionnelle plus stable.
Mais les défis restent importants. Transformer le manganèse demande des investissements lourds et surtout une importante capacité énergétique. Sans électricité suffisante et stable, l’industrialisation voulue par les autorités risque de ralentir.
Conscient de cette réalité, le gouvernement travaille parallèlement au renforcement des infrastructures énergétiques du pays. Car dans la vision présidentielle, industrialisation et énergie avancent désormais ensemble.
Le choix de s’appuyer sur l’expérience d’Eramet répond aussi à une logique de pragmatisme. Déjà présent au Gabon à travers le Complexe Métallurgique de Moanda, le groupe dispose d’une expérience concrète dans la transformation locale du manganèse et d’un réseau commercial capable d’ouvrir des débouchés aux futurs produits transformés au Gabon.
À travers cette stratégie, le pouvoir gabonais cherche progressivement à poser les bases d’une économie plus industrialisée et davantage tournée vers la création de richesse locale. Derrière le manganèse, c’est aussi une bataille pour l’emploi, les compétences et la souveraineté économique du pays qui se joue.










































