Cette décision intervient quelques mois après l’arrivée à échéance du précédent protocole, le 28 juin 2026, et plus d’un an après sa dénonciation par le Gabon, le 4 juin 2025. Libreville souhaite désormais repartir sur de nouvelles bases, avec l’objectif affiché de garantir sa souveraineté sur ses ressources halieutiques tout en construisant un partenariat présenté par les autorités comme équilibré et mutuellement bénéfique.
Concrètement, une équipe nationale de négociation doit être constituée et un calendrier des différentes rencontres devra être établi avec la partie européenne. En attendant la conclusion d’un nouveau protocole, la flotte européenne ne dispose plus d’un cadre actif lui permettant de pêcher dans les eaux gabonaises. La Commission européenne indique d’ailleurs que le partenariat est actuellement considéré comme « dormant », le dernier protocole ayant expiré en juin 2026.
Au cœur des futures discussions figurera nécessairement la question de la contrepartie accordée au Gabon en échange de l’accès à ses ressources. Dans le précédent protocole, la contribution européenne reposait notamment sur une compensation annuelle de 1,6 million d’euros pour l’accès aux ressources, calculée sur la base d’un tonnage de référence de 32 000 tonnes, à laquelle s’ajoutait un appui sectoriel d’un million d’euros par an.
Le précédent dispositif autorisait notamment jusqu’à 27 thoniers senneurs et six thoniers canneurs, avec également la possibilité de mener des campagnes exploratoires pour certains chalutiers ciblant les crustacés de fond.
Mais au-delà des montants, c’est surtout la capacité du secteur à générer davantage de retombées économiques au Gabon qui devrait se retrouver au centre des discussions. Débarquement des captures, transbordement dans les ports gabonais, création d’emplois locaux et participation des marins gabonais font partie des sujets susceptibles de revenir sur la table.
Le précédent accord prévoyait déjà des mécanismes destinés à favoriser la création de valeur au niveau national. L’Union européenne indiquait notamment que le protocole devait contribuer à l’industrialisation et à la compétitivité du secteur, en encourageant les débarquements et transbordements dans les ports gabonais ainsi que l’embarquement de marins gabonais.
La question du financement du secteur de la pêche devrait également faire l’objet d’une attention particulière. Le précédent protocole prévoyait cinq millions d’euros d’appui sectoriel sur cinq ans, soit un million d’euros par année. Les mécanismes de versement étaient liés à la mise en œuvre d’un programme pluriannuel défini entre les deux parties.
Pour le Gabon, l’enjeu est donc de tirer les enseignements du précédent partenariat et de définir un nouveau cadre répondant davantage aux priorités nationales. Pour l’Union européenne, l’objectif est également de maintenir une coopération dans le domaine de la pêche durable et de l’économie bleue. Bruxelles avait indiqué dès juin 2026 être disposée à discuter d’un cadre rénové, équilibré et efficace.
Les prochaines négociations devront ainsi permettre de déterminer les nouvelles conditions d’accès aux eaux gabonaises, le nombre de navires autorisés, les modalités financières, les obligations en matière de débarquement et d’emploi local ainsi que les mécanismes de contrôle des captures.
Après plusieurs mois de rupture dans le dispositif précédent, Libreville et Bruxelles s’apprêtent donc à remettre la pêche autour de la table. Cette fois, le futur accord devra surtout déterminer comment mieux concilier exploitation des ressources halieutiques, préservation des écosystèmes marins et retombées économiques pour le Gabon.
