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Près de 4 500 filles mariées avant 18 ans au Gabon : quel avenir pour ces jeunes filles ?

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Ces données ont notamment été mises en avant à l’occasion de la visite effectuée au Gabon, du 1er au 5 décembre 2025, par Najat Maalla M’jid, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la violence à l’encontre des enfants. Sa mission avait pour objectif d’évaluer la situation des enfants et d’échanger avec les autorités et les différents acteurs engagés dans leur protection.

Derrière ces milliers de cas se trouvent des parcours de jeunes filles dont l’enfance peut être profondément bouleversée par une union précoce. Le mariage avant 18 ans peut notamment entraîner une rupture avec la scolarité, réduire les perspectives d’autonomie et exposer davantage les adolescentes à différentes formes de vulnérabilité.

Le phénomène ne peut toutefois pas être expliqué par une seule cause. Les difficultés économiques, certaines normes sociales et les inégalités d’accès à l’éducation constituent plusieurs des facteurs régulièrement associés au mariage des enfants. Au Gabon, les données disponibles montrent d’ailleurs que cette problématique s’inscrit dans une réalité plus large concernant les violences et les vulnérabilités auxquelles sont exposés les mineurs.

Lors de la même période, les données communiquées faisaient état de plus de 5 100 cas de violences scolaires, de 148 abus sexuels concernant des jeunes filles et de 23 enfants victimes de traite recensés en 2023.

Pour les Nations unies, la réponse ne doit donc pas se limiter à des campagnes de sensibilisation. La protection des enfants nécessite également des mécanismes capables d’identifier les situations à risque, d’intervenir rapidement et d’assurer un accompagnement adapté aux victimes.

Parmi les recommandations formulées figure notamment la mise en place d’un plan national d’action suffisamment financé, avec des responsabilités clairement définies entre les différents intervenants. L’amélioration de la coordination entre les structures existantes et une meilleure connaissance des dispositifs de protection sont également présentées comme des priorités.

Le Gabon a par ailleurs rejoint en novembre 2025 l’Alliance mondiale pour mettre fin à la violence contre les enfants, renforçant ainsi ses engagements sur cette question.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est désormais de mesurer la capacité des institutions à transformer ces engagements en actions concrètes. Prévenir les mariages précoces suppose notamment de pouvoir repérer les enfants exposés, soutenir les familles vulnérables, maintenir les filles à l’école et garantir une prise en charge effective lorsque leurs droits sont menacés.

Le chiffre de 4 500 cas ne constitue donc pas seulement une statistique. Il pose une question essentielle : comment renforcer durablement les mécanismes permettant aux filles de rester protégées, scolarisées et libres de construire leur avenir ?

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