Le futur réseau doit traverser Yaoundé du nord au sud sur un corridor de 22 kilomètres reliant la plateforme multimodale d’Olembé au quartier Ahala. Son parcours passera notamment par Messassi, Etoudi, le marché central, le Poste central, Mvog Mbi et Mvan, sur l’axe reliant la capitale à Douala.
Le dispositif prévoit 28 stations et, à terme, une flotte de 52 bus électriques articulés de 18 mètres. Le réseau pourrait transporter jusqu’à 43 000 passagers quotidiennement, avec un tarif moyen annoncé entre 200 et 300 FCFA.
Le projet est soutenu par l’Agence française de développement, la coopération allemande à travers la GIZ et l’Union européenne. Pour l’heure, le chantier n’entre toutefois pas encore dans sa phase de construction. Les prochaines étapes porteront sur les études techniques et les concertations nécessaires avant le démarrage effectif des travaux.
Cette relance intervient surtout après une longue série de tentatives restées sans réalisation concrète. Dès 2015, les autorités camerounaises avaient annoncé la création de deux lignes pilotes de transport rapide à Yaoundé et Douala, avec l’entreprise brésilienne Marcopolo. Leur mise en service était alors envisagée pour 2018. Le projet n’avait finalement pas dépassé les études topographiques et de circulation.
En 2019, une nouvelle initiative baptisée « Mobilise Your City » avait ravivé les ambitions autour du transport collectif à Yaoundé. Elle avait notamment permis l’élaboration d’un Plan de mobilité urbaine soutenable pour la capitale, qui précisait les contours du futur réseau de BRT.
Le corridor Olembé Ahala avait alors été évalué à environ 36 milliards de FCFA, bus électriques compris, avec un démarrage des travaux envisagé en 2026 et une mise en service prévue deux ans plus tard. Deux autres corridors, à l’ouest et à l’est de la ville, étaient également envisagés pour compléter le réseau. Leur réalisation reste toutefois incertaine.
Le projet de Yaoundé n’est pas le seul à connaître des retards. À Douala, le programme de BRT lancé en 2022 a lui aussi été confronté à plusieurs difficultés. La Banque mondiale, principal bailleur du projet, avait même menacé de retirer son financement face aux retards accumulés.
Le dossier semble néanmoins avoir progressé ces dernières années. En octobre 2025, la Communauté urbaine de Douala avait lancé des appels d’offres pour aménager 12,5 kilomètres de voiries destinées à faciliter l’accès au futur corridor. En juillet 2026, un marché de 18,6 milliards de FCFA a ensuite été attribué à l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Co. pour l’aménagement d’un premier tronçon.
À Douala, le programme global est évalué à 335,3 milliards de FCFA, dont 261 milliards de FCFA doivent être apportés par la Banque mondiale. Le reste doit être financé à travers un partenariat public privé et par la ville.
À Yaoundé, la relance du TransYaoundé ouvre donc une nouvelle séquence pour un projet annoncé depuis 2015. Si les études et les concertations aboutissent comme prévu, la capitale pourrait enfin disposer d’un système de transport collectif rapide capable de relier ses principaux pôles urbains et de faciliter les déplacements quotidiens de plusieurs dizaines de milliers de passagers.
