Annoncé le 13 octobre 2026, ce programme repose sur un protocole d’accord signé le 8 septembre entre le gouvernement gabonais, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et Aurion Capital Holdings. Au-delà de la construction de centrales électriques, Panthera Power prévoit également le développement des infrastructures nécessaires à l’approvisionnement en gaz, au transport et à la distribution de l’énergie produite.
L’ambition est considérable. À pleine capacité, les 450 MW envisagés représenteraient près de 41 % de l’objectif national de 1 100 MW de puissance électrique installée à l’horizon 2030. Une capacité supplémentaire qui pourrait accompagner le développement des activités industrielles et soutenir les besoins énergétiques liés à la transformation locale des ressources minières, forestières et agricoles.
Pour financer cette opération, Aurion Capital et ses partenaires entendent mobiliser des capitaux privés, sans engagement financier de l’État gabonais. Le groupe américain sera chargé de structurer le financement, de réunir les partenaires industriels et financiers et de piloter les études préparatoires.
La SEEG, de son côté, est envisagée comme acheteur de l’électricité produite. Elle doit également apporter son expertise sur les questions de raccordement et d’exploitation du réseau. Les modalités définitives de cette collaboration devront toutefois être précisées dans les futurs contrats. L’accord annoncé ne signifie donc pas encore que les centrales sont prêtes à être construites.
L’investissement s’inscrit dans les ambitions du Pacte national de l’énergie présenté en juin 2026 dans le cadre de l’initiative Mission 300. Pour la période 2026 à 2030, les besoins de financement du secteur électrique gabonais sont estimés à 4,169 milliards de dollars, dont 2 milliards attendus du secteur privé. Avec une enveloppe prévisionnelle supérieure à un milliard de dollars, Panthera Power pourrait ainsi représenter une part importante des financements privés recherchés.
Mais entre l’annonce d’un investissement et la mise en service effective des installations, plusieurs étapes restent nécessaires. Aurion Capital a confié l’étude de préfaisabilité au cabinet londonien Global Infrastructure Advisors (GIA), qui a notamment participé au développement de la centrale à gaz de 300 MW de West African Energy au Sénégal.
Un comité de pilotage réunissant Aurion Capital et la SEEG doit superviser les études techniques, financières, environnementales et sociales. Les conclusions seront ensuite soumises à la validation de l’État gabonais et de la SEEG avant l’ouverture des négociations portant sur les contrats définitifs.
La concrétisation du programme dépendra donc des résultats de ces études, de la sécurisation des financements et de la signature des accords nécessaires. La capacité réellement retenue, le calendrier des travaux et les conditions de vente de l’électricité devront également être précisés.
Pour les habitants du Grand Libreville comme pour les entreprises, l’enjeu sera de savoir si cette nouvelle capacité permettra effectivement d’améliorer la disponibilité de l’électricité. Car produire davantage ne suffit pas : les réseaux de transport et de distribution devront eux aussi être adaptés pour acheminer l’énergie jusqu’aux consommateurs.
Avec Panthera Power, le Gabon mise sur un investissement privé de grande ampleur pour renforcer son système électrique. Si le projet franchit les différentes étapes de validation et de financement, il pourrait contribuer à accroître les capacités nationales de production et à accompagner les ambitions économiques du pays. Pour l’heure, le défi reste de transformer les 550 milliards de FCFA annoncés en infrastructures opérationnelles et en électricité effectivement disponible.


















































