Que l’on arrive du PK11 ou que l’on emprunte le sens opposé, le constat est le même : les espaces réservés aux piétons sont largement occupés par des étals et des marchandises posées à même le sol. Pour se frayer un passage, les riverains doivent contourner les installations commerciales, parfois en descendant sur la route. Chaque déplacement devient alors une épreuve, notamment lorsque les véhicules circulent à proximité.
Derrière cette occupation des trottoirs se trouve aussi une difficulté économique. Privés de leur ancien marché à la suite des opérations de démolition liées au projet du Flyover, les commerçants cherchent un endroit où continuer à vendre leurs produits. Faute d’un espace adapté, ils se sont installés là où ils peuvent encore exercer leur activité, au détriment de la circulation piétonne.
« On prend maintenant la chaussée car les trottoirs sont désormais occupés par les commerçants et leurs marchandises sont posées au sol. Et nous, on doit faire attention à ne pas marcher dessus, c’est vraiment pénible », déplore Désiré, un riverain. Son témoignage illustre le quotidien de nombreux piétons contraints de partager la route avec les automobilistes, dans un environnement où la moindre inattention peut avoir de graves conséquences.
Cette situation pose une question essentielle : comment construire une infrastructure destinée à améliorer la circulation tout en laissant les piétons confrontés à de tels risques ? Le Flyover doit contribuer à fluidifier le trafic à la sortie de la capitale, mais les perturbations provoquées par les travaux se font déjà sentir. L’occupation de la chaussée par les piétons, combinée à la présence des étals en bord de route, favorise également les ralentissements et complique les déplacements.
Pourtant, une meilleure organisation aurait pu limiter ces difficultés. Le relogement des commerçants dans un espace approprié, avant ou parallèlement aux opérations de déguerpissement, aurait permis de préserver leurs activités tout en maintenant les trottoirs accessibles. Il devient donc urgent de trouver une solution qui réponde aux besoins des vendeurs sans compromettre la sécurité des autres usagers.
Au PK12, l’enjeu dépasse désormais la seule question de l’aménagement commercial. Il s’agit de permettre aux piétons de circuler sans risquer leur vie, de réduire les perturbations routières et d’éviter que les installations provisoires ne se transforment durablement en marché improvisé. Le chantier du Flyover doit améliorer les déplacements, mais cette ambition ne pourra être pleinement atteinte si ceux qui se déplacent à pied restent les grands oubliés du projet.


















































