Organisé sous les instructions du ministère des Transports par l’Office national de la sûreté et de la facilitation des aéroports du Gabon (ONSFAG), en collaboration avec l’ASECNA, l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le Bureau d’enquêtes sur les incidents et accidents d’aviation (BEIAA) et les Forces de défense et de sécurité (FDS), l’exercice avait un objectif précis : mettre à l’épreuve la chaîne nationale de réponse face à une crise majeure sur une plateforme aéroportuaire internationale.
Le scénario, baptisé « Syndrome de la double crise », a volontairement cumulé les difficultés. Alors que les équipes devaient gérer une prise d’otages, un accident aéronautique survenait parallèlement. Une situation qui contraignait les différents intervenants à déterminer leurs priorités, répartir les moyens disponibles et maintenir leur coordination malgré la pression.
Le dispositif a également intégré des événements secondaires pour rendre la simulation encore plus réaliste. Un passager pris de panique était notamment blessé par une balle perdue, tandis qu’un feu de broussailles provoquait l’épuisement des réserves d’eau disponibles. Les secours ont ainsi été confrontés à une contrainte supplémentaire : intervenir efficacement alors que certaines ressources venaient à manquer.
Pour le directeur général de l’ONSFAG, le général de brigade Justin Andouka, ce type d’exercice constitue une obligation liée au statut international de l’aéroport de Port Gentil. Le Gabon, en tant que signataire de la Convention de Chicago de 1944, doit en effet se conformer aux normes internationales en matière de sûreté et de sécurité aériennes.
Le choix de Port Gentil s’inscrit par ailleurs dans la continuité d’une démarche d’évaluation du dispositif national. Après un précédent exercice organisé à Mvengué, à Franceville, les autorités ont voulu poursuivre les tests sur une autre plateforme aéroportuaire afin d’identifier les éventuelles failles et d’améliorer la coordination entre les services.
L’exercice a également permis au BEIAA de tester une étape particulièrement sensible : le passage des opérations de secours à l’enquête technique après un accident aérien. Pour le lieutenant colonel Pamphile Nang Ndong, directeur du bureau, cette transition est essentielle pour établir les causes et les circonstances d’un accident et, surtout, contribuer à prévenir sa répétition.
La coordination entre le Groupement de la brigade des transports aériens, le Service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs et le BEIAA a notamment été mise à l’épreuve. Une collaboration jugée satisfaisante par le responsable du BEIAA, qui a souligné la synchronisation des différents acteurs durant les opérations.
Au total, « MANDJI EXA 2026 » aura mobilisé les services de sûreté, les forces de sécurité, les équipes de secours, les professionnels de santé ainsi que les autorités locales. Au delà de la démonstration opérationnelle, l’exercice doit permettre de tirer des enseignements concrets pour renforcer la préparation du Gabon face aux situations d’urgence susceptibles de survenir sur ses plateformes aéroportuaires.

















































