Pour les étudiants qui souhaitent se former au contact des patients et du personnel médical du CHUL, le passage de la théorie à la pratique pourrait désormais coûter davantage. Une nouvelle disposition administrative encadre en effet les conditions d’accueil des stagiaires au sein de l’établissement.
Selon une note d’information de la direction générale, les candidats aux stages pratiques et de perfectionnement doivent désormais s’acquitter d’une contribution de 10 000 FCFA par mois pendant toute la durée de leur stage. À cette somme s’ajoutent 5 000 FCFA pour le badge d’accès, valable durant la période de formation.
Les stages d’immersion et d’observation sont également concernés par cette nouvelle organisation. Pour ces profils, des frais liés au badge sont prévus. Dans certains cas, une assurance responsabilité civile est également exigée.
Cette décision intervient dans un environnement hospitalier où l’accueil des stagiaires mobilise des ressources humaines et matérielles. Supervision par les professionnels de santé, accès aux infrastructures et accompagnement sur le terrain représentent autant de contraintes pour les établissements hospitaliers universitaires, qui accueillent chaque année de nombreux apprenants.
Mais au-delà de la question de l’organisation des stages, c’est surtout celle de l’égalité d’accès qui pourrait alimenter les discussions. La mesure prévoit en effet des exemptions pour certaines catégories d’apprenants, notamment ceux de l’Université des Sciences de la Santé (USS), les étudiants de l’INFASS inscrits en formation initiale ainsi que certains agents du ministère de la Santé régulièrement admis en stage.
Cette différence de traitement pose alors une question : dans un établissement public, les conditions d’accès à la formation pratique doivent elles varier selon l’établissement d’origine ou le statut du stagiaire ?
Pour les étudiants disposant de ressources limitées, la contribution mensuelle peut également représenter une dépense supplémentaire. Aux 10 000 FCFA demandés par mois peuvent en effet s’ajouter les frais de transport, de logement, de fournitures et d’équipements nécessaires à la formation.
Dans les filières médicales et paramédicales, où l’expérience pratique occupe une place essentielle dans le parcours des futurs professionnels, cette nouvelle exigence financière pourrait donc être particulièrement scrutée.
La mesure du CHUL ouvre ainsi un débat plus large sur le financement de la formation sanitaire au Gabon. Entre les besoins des établissements hospitaliers, les coûts liés à l’encadrement des stagiaires et la nécessité de préserver un accès équitable à la formation pratique, la question de l’équilibre reste posée.
Au fond, derrière les 10 000 FCFA mensuels et les 5 000 FCFA de badge, se dessine un enjeu plus important : comment garantir aux futurs professionnels de santé un accès aux stages nécessaires à leur formation tout en tenant compte des contraintes de fonctionnement des établissements publics ?
















































