Cette croissance ne date pas d’hier. En 2023, le chiffre d’affaires global du secteur était évalué à environ 585,9 milliards de FCFA. Il est ensuite passé à 705,9 milliards en 2024, avant de franchir le seuil des 900 milliards l’année suivante. En deux ans, le marché a ainsi enregistré une progression d’environ 57 %, confirmant son changement d’échelle.
Au cœur de cette activité figure la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (LONACI), acteur historique du secteur. L’entreprise publique a réalisé un chiffre d’affaires de 657,6 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 14 % par rapport à l’exercice précédent. Elle a également annoncé avoir reversé 413,9 milliards de FCFA aux gagnants et versé 21 milliards de FCFA à l’État au titre de sa redevance.
Mais le marché ne repose plus uniquement sur les jeux traditionnels. Les paris sportifs connaissent une progression importante, portée notamment par l’essor des plateformes numériques. Des opérateurs privés, dont Betclic, se sont progressivement imposés dans cet environnement où les joueurs peuvent désormais miser depuis leur téléphone ou auprès de points de vente physiques.
La facilité d’accès aux plateformes, la multiplication des offres et le développement des moyens de paiement numériques contribuent à cette évolution. Pour de nombreux utilisateurs, les paris sportifs sont devenus une activité associée aux rencontres de football et aux grands événements sportifs. Cette popularité alimente un marché qui attire désormais des opérateurs aux profils variés.
Cette expansion représente aussi un enjeu économique pour la Côte d’Ivoire. Les activités du secteur génèrent des recettes pour les entreprises, contribuent aux ressources publiques et soutiennent des emplois directs et indirects. Toutefois, la progression rapide du marché pose également la question de son encadrement.
Derrière les performances financières, les risques liés aux jeux excessifs et à l’endettement des joueurs ne peuvent être ignorés. L’accessibilité croissante des paris en ligne, particulièrement auprès des jeunes publics, renforce les préoccupations concernant la protection des personnes vulnérables, la prévention de l’addiction et la lutte contre les opérateurs non autorisés.
Le défi pour les autorités ivoiriennes consiste donc à accompagner le développement d’un secteur devenu économiquement important, tout en garantissant des pratiques transparentes et une meilleure protection des consommateurs. Avec un chiffre d’affaires qui dépasse désormais les 922 milliards de FCFA, les jeux de hasard ne constituent plus une activité marginale : ils représentent un véritable marché dont les enjeux financiers et sociaux continueront de retenir l’attention.
















































