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Le marché de l’emploi gabonais affiche des signes d’amélioration, mais cette évolution masque une réalité plus contrastée. Selon le Rapport national de développement humain (RNDH) 2026, le taux de chômage est passé de 20,4 % en 2010 à 17,4 % en 2024. Une baisse encourageante en apparence, qui ne profite pourtant pas à toutes les catégories de la population.

Les jeunes demeurent les plus exposés aux difficultés d’insertion professionnelle. Le rapport indique qu’en 2024, 34,5 % d’entre eux étaient toujours sans emploi, tandis que le chômage concernait également 21,4 % des femmes. Ces chiffres traduisent la persistance de fortes inégalités sur le marché du travail, malgré l’amélioration de l’indicateur national.

Élaboré par le ministère de la Planification avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le rapport met en évidence un décalage grandissant entre le nombre de personnes à la recherche d’un emploi et les opportunités réellement disponibles. Les données du Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE) illustrent cette situation : le nombre de jeunes inscrits est passé de 5 537 en 2013 à 20 980 en 2023, soit une augmentation de 279 % en dix ans.

Dans le même temps, les perspectives d’embauche demeurent limitées. En moyenne, près de 1 932 postes sont proposés chaque année, mais seuls 669 débouchent effectivement sur un recrutement. Pour les auteurs du rapport, cette situation révèle les limites des mécanismes d’intermédiation entre les demandeurs d’emploi et les entreprises.

Le document attire également l’attention sur un autre phénomène préoccupant : le déclassement professionnel. De nombreux diplômés de l’enseignement supérieur occupent des postes qui ne correspondent pas à leur niveau de qualification, une situation qui nourrit un sentiment de frustration et met en évidence une sous utilisation des compétences disponibles.

Au-delà des difficultés de recrutement, le RNDH 2026 estime que les politiques publiques de l’emploi doivent évoluer. Le rapport souligne notamment que les outils d’information sur le marché du travail sont devenus insuffisants pour anticiper les besoins des entreprises, identifier les secteurs porteurs et adapter les formations aux réalités économiques du pays.

Les auteurs rappellent également que la croissance économique, notamment dans les secteurs extractifs, ne suffit pas à résoudre les difficultés d’accès à l’emploi. Ils plaident pour une approche reposant sur une meilleure connaissance du marché du travail, une territorialisation des politiques de l’emploi et un soutien accru à la création d’activités productives.

À travers ce constat, le Rapport national de développement humain 2026 met en lumière l’un des principaux défis auxquels le Gabon est confronté : offrir aux jeunes des emplois durables, en adéquation avec leurs qualifications et les besoins de l’économie nationale, afin que la baisse du chômage se traduise par une amélioration réelle des perspectives professionnelles.

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