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Photographes de rue, jeunes chargés d’aider au stationnement des véhicules, laveurs de voitures, réparateurs improvisés de routes dégradées ou encore vendeurs ambulants : ces petits boulots constituent aujourd’hui une source de revenus pour de nombreux jeunes parfois diplômés, mais sans emploi stable.

Pour plusieurs citoyens, ces activités répondent aussi à de véritables besoins du quotidien.

Franck Mvou témoigne :

« Quand je vois ces jeunes qui font garer les véhicules en ville, je suis rassuré. Aujourd’hui, il devient difficile de trouver une place pour se garer et, côté sécurité, quand ils sont là, il y a moins de vols. »

Derrière ces activités se cachent souvent des parcours marqués par les difficultés économiques et le manque d’opportunités professionnelles.

Chris, jeune photographe de rue, raconte son quotidien avec lucidité :

« Je suis passionné par la photographie et diplômé d’un master en anthropologie africaine à l’Université Omar Bongo. Je fais ce travail pour joindre les deux bouts. Prendre des photos dans la rue n’est pas la vie que j’imaginais, mais cela m’aide à payer mes factures. »

Comme lui, plusieurs jeunes diplômés se retrouvent contraints d’exercer des activités informelles faute d’emplois disponibles dans leurs domaines de formation.

Stéphane, qui aide les automobilistes à stationner et lave des véhicules en ville, explique quant à lui que ces petits métiers répondent à une véritable nécessité urbaine :

« J’ai constaté qu’il y a un vrai problème de parking en ville. Depuis que nous sommes là, nous aidons beaucoup les conducteurs à se garer. Certains clients nous rémunèrent bien. Parfois, je peux rentrer avec plus de 30 000 francs CFA par jour. On ne se plaint pas. »

Si ces activités permettent à de nombreux jeunes de subvenir à leurs besoins, elles restent toutefois exercées dans des conditions souvent précaires, sans protection sociale, sans encadrement officiel et parfois sans réelle reconnaissance.

Pour plusieurs observateurs, cette situation met en lumière l’urgence pour les autorités de réfléchir à des mécanismes d’accompagnement adaptés à cette jeunesse entreprenante. Beaucoup appellent à la mise en place de programmes de formation, de financements accessibles, d’espaces de travail organisés et d’un cadre légal permettant de structurer progressivement ces secteurs informels.

Au-delà de la simple survie économique, ces jeunes démontrent chaque jour une capacité d’adaptation et un esprit d’initiative qui pourraient devenir de véritables leviers de développement s’ils étaient mieux accompagnés.

Dans un contexte où l’emploi demeure un défi majeur, certains estiment que l’économie informelle ne doit plus être regardée uniquement comme un problème, mais aussi comme une réalité sociale nécessitant écoute, organisation et soutien durable.

Car derrière chaque petit boulot exercé dans les rues, il y a souvent un jeune qui cherche simplement une place dans la société, une dignité et une opportunité d’avenir.

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