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Le Gabon se distingue une nouvelle fois en Afrique en prenant les devants dans la finance durable. Le pays participe à un projet ambitieux, en partenariat avec The Nature Conservancy (TNC), pour convertir une partie de sa dette en investissements destinés à la préservation de ses écosystèmes et à la lutte contre les changements climatiques. En négociation pour un ensemble de financements totalisant 500 millions de dollars (environ 302,5 milliards FCFA), ce programme pourrait également bénéficier à deux autres pays africains dont les noms restent encore confidentiels, mais qui pourraient inclure le Kenya, la Zambie ou la République du Congo.

Ce partenariat est l’extension logique de l’initiative pionnière du Gabon lancée en août 2023, lorsqu’il a racheté 500 millions de dollars de sa dette euro-obligataire pour les remplacer par un « Blue Bond » à des conditions plus favorables. Grâce à une garantie de la DFC américaine, cette opération a permis au Gabon d’économiser 163 millions de dollars sur les 15 prochaines années, soit environ 5 millions de dollars chaque année, qui seront directement investis dans la conservation marine. Le pays prévoit également de constituer un fonds de dotation, dont l’objectif est d’atteindre 88 millions de dollars d’ici 2038.

Dans un contexte de dégradation des finances publiques, où le ratio d’endettement du Gabon atteint près de 75 % du PIB à la fin de 2024, cette approche devient une bouée de sauvetage. Avec la baisse des recettes pétrolières et l’augmentation des coûts d’emprunt sur les marchés internationaux, ces mécanismes financiers offrent une solution pour réduire l’endettement tout en soutenant les initiatives environnementales. En achetant des titres décotés sur le marché secondaire, le Gabon parvient ainsi à alléger le service de la dette tout en préservant son budget.

Cette stratégie audacieuse de finance verte n’est pas seulement une réponse aux défis économiques immédiats, mais aussi un moyen de renforcer la crédibilité du pays auprès des agences de notation. Malgré les turbulences politiques de 2023, le Gabon a maintenu ses engagements envers le fonds de conservation, démontrant ainsi sa détermination à allier préservation de la nature et croissance économique.

Pour les autres pays africains qui pourraient suivre cet exemple, l’enjeu sera de reproduire ce modèle innovant. En mettant à profit leurs ressources naturelles, ces nations pourront non seulement protéger leurs écosystèmes vitaux mais aussi créer un espace budgétaire pour soutenir une croissance économique durable. Le Gabon, avec une prévision de croissance économique de 3,7 % en 2026, pourrait ainsi se positionner en leader de la transition énergétique et de la finance durable au sein de la zone CEMAC.

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