C’est un coup de filet d’envergure que les Forces de Défense et de Sécurité gabonaises viennent de réaliser dans la province de la Ngounié. Du 15 au 19 juin 2026, une opération baptisée EKOURA a été déployée sur le site aurifère de Punga, dans le district d’Eteke, au cœur du département de l’Ogoulou. Cinq jours d’intervention minutieuse, menée en coordination avec le ministère des Mines, qui ont abouti au démantèlement d’un réseau d’orpaillage clandestin particulièrement structuré.
Au terme de cette opération, 55 personnes de plusieurs nationalités ont été interpellées sur place. Les éléments des forces de sécurité ont également procédé à la saisie d’importants équipements d’exploitation ainsi que de près de 480 grammes d’or brut, témoignant de l’ampleur des activités illicites qui se déroulaient dans cette zone reculée du sud du Gabon.
L’opération EKOURA s’inscrit dans une dynamique nationale que le président de la République a clairement impulsée depuis sa prise de fonction. Face à la recrudescence de l’orpaillage illégal, des instructions précises ont été données, notamment un audit complet du secteur aurifère et l’organisation de missions de contrôle pour interdire toute exploitation sans permis. Sur le terrain, les résultats de cette politique de fermeté commencent à se faire sentir, avec des opérations qui se succèdent dans plusieurs provinces du pays.
Car le problème est loin d’être anodin. Les pertes financières engendrées par l’orpaillage illégal sont importantes pour l’État, sans compter les ravages environnementaux causés par l’utilisation de substances toxiques. À Eteke et dans ses environs, cette réalité est tristement familière. La zone a déjà été le théâtre de plusieurs drames liés à cette activité, dont un tragique accident de travail qui a coûté la vie à deux orpailleurs en mars dernier, emportés par un glissement de terrain alors qu’ils débutaient leur journée de travail.
Le phénomène dépasse largement les frontières d’une seule localité. Des situations similaires ont été enregistrées dans plusieurs provinces du pays, notamment dans le Moyen-Ogooué, à Ndjolé, ainsi que dans d’autres régions, où plusieurs réseaux d’orpaillage clandestin ont été démantelés ces dernières années. Ces interventions répétées disent à la fois la persistance du fléau et la détermination des autorités à ne pas lâcher prise.
La dimension internationale du phénomène est également au cœur des préoccupations. Les enquêtes menées sur des réseaux similaires ont révélé l’existence de filières organisées de migration clandestine, avec des individus parcourant parfois plusieurs centaines de kilomètres en soudoyant transporteurs et agents de contrôle tout au long de leur périple. La présence de ressortissants étrangers parmi les 55 personnes interpellées à Punga illustre une fois de plus ce caractère transnational.
À l’issue de l’opération EKOURA, les autorités ont tenu à réaffirmer leur engagement à renforcer la surveillance des sites miniers et à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles du pays. Un message sans ambiguïté adressé à tous ceux qui seraient tentés de s’approprier illégalement les richesses du sous-sol gabonais : la tolérance zéro n’est pas un slogan, c’est désormais une réalité sur le terrain.
















































