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Gabon : 7 mois après l’attribution de 3 permis aurifères à Emiga, l’État change de cap et remet la SEM au centre du jeu

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Le changement intervient après la suspension, en juin dernier, des activités de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle sur l’ensemble du territoire. Cette décision avait été prise à la suite du démantèlement d’un réseau d’exploitation illégale dans la Ngounié. Le gouvernement avait alors annoncé un audit des titres miniers afin de vérifier la conformité des opérateurs et de renforcer le contrôle de la filière.

Le 7 septembre, une première étape de la réorganisation a été franchie. La SEM a obtenu l’autorisation de reprendre ses activités et trois conventions d’exploitation ont été signées avec le ministère des Mines et des Ressources géologiques. Un nouveau permis, notamment celui de Mboumba, lui a également été attribué. Les autorités présentent cette collaboration comme un moyen de renforcer la traçabilité de l’or et sa transformation locale à la Raffinerie gabonaise de l’or, à Nkok.

Cette reprise donne surtout à l’opérateur public un rôle central dans une filière que Libreville cherche désormais à mieux encadrer. L’objectif affiché est de disposer d’une meilleure visibilité sur les volumes produits, leur circulation et la part qui revient effectivement à l’État.

Pour les autres opérateurs, le retour aux activités ne se fait donc plus dans les mêmes conditions. Les détenteurs de permis doivent notamment passer par des contrôles techniques de leurs sites, régulariser leurs éventuelles obligations financières et se conformer aux nouvelles exigences administratives avant de pouvoir pleinement reprendre leurs opérations.

Le cas d’Emiga illustre cette période de transition. L’entreprise avait obtenu trois permis d’exploitation à Ndangui en février 2026. Ces titres ont ensuite été concernés par la suspension générale de l’exploitation aurifère à petite échelle. Fin septembre, l’entreprise a engagé une nouvelle étape avec la mise à disposition de son étude d’impact environnemental et social, préalable à la poursuite de son projet.

Dans le même temps, le Gabon prépare une évolution plus importante de sa production aurifère avec le projet d’Étéké porté par Managem. Le projet, situé dans la Ngounié, fait actuellement l’objet de consultations publiques liées à son étude d’impact environnemental et social. Selon les données publiées par Managem, le projet vise une capacité de production d’environ deux tonnes d’or par an et se trouve encore au stade de l’étude de faisabilité.

Cette future exploitation industrielle ne devrait toutefois pas produire ses premiers volumes commerciaux immédiatement. Le secteur devra donc compter, à court terme, sur la reprise des opérateurs autorisés, la petite exploitation encadrée et surtout une meilleure maîtrise des flux d’or produits sur le territoire.

Pour l’État, le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réorganisation en résultats mesurables. Une production mieux déclarée, une traçabilité renforcée et une augmentation des recettes publiques permettraient de vérifier concrètement l’efficacité du nouveau dispositif.

Après la suspension de juin et l’audit qui a suivi, le Gabon semble ainsi vouloir passer d’une logique de multiplication des titres à une logique davantage centrée sur le contrôle, la traçabilité et la captation de la valeur créée par son or. La SEM se retrouve au cœur de cette nouvelle architecture, alors que le pays cherche à faire de ses ressources aurifères un levier plus visible de diversification économique.

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