Les finances publiques gabonaises pourraient enregistrer une forte progression des recettes issues de l’impôt sur les sociétés pétrolières en 2027. Selon les prévisions du projet de loi de finances transmis au Parlement, les entreprises du secteur devraient contribuer à hauteur de 241,8 milliards de FCFA, contre seulement 49,5 milliards de FCFA prévus dans la loi de finances rectificative de 2026. Une hausse de 192,3 milliards de FCFA, qui représente une progression d’environ 388 % en un an.
Cette évolution place la fiscalité des compagnies pétrolières parmi les principales sources de croissance attendue des recettes fiscales pour le prochain exercice budgétaire. Elle traduit les anticipations du gouvernement concernant les bénéfices imposables des entreprises opérant dans le secteur des hydrocarbures, dont les contributions pourraient ainsi prendre une place plus importante dans les ressources de l’État.
Mais cette hausse annoncée intervient dans un contexte plus contrasté. Dans le même projet de budget, les revenus directement tirés du domaine pétrolier devraient reculer de 34 %, pour s’établir à 671,4 milliards de FCFA. Le gouvernement table donc sur une augmentation importante de l’impôt payé par les sociétés pétrolières, alors même que les recettes provenant directement de l’exploitation des ressources pétrolières sont attendues en baisse.
Cette différence s’explique notamment par la nature des prélèvements. L’impôt sur les sociétés est calculé à partir des bénéfices imposables réalisés par les entreprises, tandis que les redevances et autres revenus issus des contrats pétroliers répondent à des mécanismes distincts. Les deux catégories de recettes ne suivent donc pas nécessairement la même évolution.
La progression anticipée de l’impôt pourrait notamment reposer sur des hypothèses de bénéfices plus élevés, des échéances de paiement différentes ou une amélioration du recouvrement fiscal. Toutefois, le document budgétaire ne détaille pas la contribution attendue de chaque compagnie. Il reste donc difficile, à ce stade, d’identifier les entreprises qui porteraient l’essentiel de cette augmentation.
Pour le Gabon, dont les ressources publiques demeurent fortement liées aux hydrocarbures, ces prévisions représentent un enjeu important pour l’équilibre budgétaire de 2027. Leur concrétisation dépendra cependant de plusieurs facteurs, notamment des résultats financiers des producteurs, des volumes de pétrole commercialisés, des coûts d’exploitation et de l’évolution des cours sur les marchés internationaux.
Derrière cette hausse spectaculaire annoncée, un défi demeure donc pour les finances publiques : transformer les prévisions fiscales en recettes réellement encaissées, tout en réduisant progressivement la dépendance de l’économie nationale aux fluctuations du secteur pétrolier.

















































