Député du deuxième siège du département de Mougoutsi, dans la province de la Nyanga, Béni Ngoua Mbina souhaite modifier certaines dispositions de la loi n° 006/2020 du 30 juin 2020 portant Code pénal en République gabonaise. À travers cette initiative, l’élu entend remettre en cause le cadre juridique actuel sur cette question sensible.
Pour défendre sa démarche, le parlementaire invoque la préservation des repères culturels et éthiques du pays. Devant ses collègues, il a clairement exprimé sa position : « Nous ne pouvons pas nous laisser faire, il faut condamner l’homosexualité. » Une déclaration qui traduit la fermeté de son engagement en faveur d’un durcissement de la législation.
L’initiative a également trouvé des soutiens au sein de l’hémicycle. Le député Saïd Akoumezogho a notamment appelé ses collègues à prendre leurs responsabilités sur ce dossier, estimant que cette proposition correspond à des attentes exprimées par une partie de la population. « Nos compatriotes attendent les députés de la Vᵉ République sur ce genre de texte. Nous devons prendre nos responsabilités, plus que jamais », a-t-il déclaré.
Dany Mouelet s’est également prononcé en faveur d’un encadrement plus strict, en mettant en avant la nécessité de préserver les traditions nationales. De son côté, Chantal Myboto épouse Gondjout, députée du premier arrondissement de Libreville, a elle aussi défendu une position fondée sur les us et coutumes gabonais.
Ces prises de position montrent que la proposition dépasse la seule initiative de son auteur et pourrait alimenter des échanges nourris au Parlement. Mais entre les déclarations politiques et l’adoption d’une loi, plusieurs étapes restent à franchir.
Le texte soulève notamment des questions relatives à sa rédaction, à sa conformité avec la Constitution et aux engagements internationaux du Gabon. Son examen devra permettre de préciser les dispositions que les parlementaires souhaitent modifier, ainsi que les conséquences juridiques qu’entraînerait une éventuelle adoption.
Pour l’heure, le soutien exprimé par plusieurs députés ne signifie pas que la proposition est définitivement adoptée. Son parcours législatif déterminera si elle sera approuvée, amendée ou rejetée au terme des procédures parlementaires.
Le débat est donc relancé au Palais Léon Mba. Reste à savoir jusqu’où les députés de la XIVᵉ législature entendront aller sur ce sujet sensible, qui place au centre des discussions la législation pénale, les références culturelles invoquées par les défenseurs du texte et les obligations juridiques du Gabon.
