Par la signature d’un accord stratégique avec la société émiratie ADMOG GOLD, le Gabon relance ses ambitions aurifères. Mais derrière la promesse d’une exploitation « responsable », le pays joue sa crédibilité de champion mondial de l’écologie face à une industrie réputée polluante.

C’est un mariage de raison entre le sous-sol et la forêt. Avec la signature à Abu Dhabi un mémorandum pour l’exploration et l’exploitation de l’or, le gouvernement cherche à diversifier l’économie.
Le partenaire choisi, ADMOG GOLD, s’est engagé à respecter les « standards environnementaux et sociaux internationaux ».
Une précision qui n’est pas qu’une clause de style pour Libreville.
L’extraction aurifère est historiquement l’une des industries les plus agressives pour les écosystèmes.
Déforestation pour accéder aux filons, risques de pollution des eaux au mercure ou au cyanure, sont autant de facettes négatives de l’exploitation aurifères.
Pour le Gabon, qui a fait de la préservation de sa biodiversité une marque de fabrique diplomatique, l’erreur n’est pas permise.
Les Émirats Arabes Unis, plaque tournante mondiale du commerce de l’or, avec 129 milliards de dollars d’échanges d’or en 2023, disposent des capitaux nécessaires pour déployer des méthodes d’extraction à faible impact environnemental.
Mais entre les intentions du mémorandum et la réalité du terrain en pleine forêt équatoriale, le fossé peut être grand.
Ce partenariat sera donc un test grandeur nature. Il s’agira de prouver que l’on peut alimenter l’appétit insatiable de Dubaï pour le métal jaune sans sacrifier le « poumon vert » du Gabon.
La surveillance de l’État devra être aussi rigoureuse que les ambitions affichées.

















































