Le gouvernement nigérian franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de diversification économique. Les autorités ont annoncé la création d’un fonds d’investissement de 500 millions de dollars, soit environ 278,7 milliards de FCFA, destiné à accélérer le développement agricole dans la région du delta du Niger. L’objectif est de transformer ce territoire, historiquement dominé par l’industrie pétrolière, en un important bassin de production agricole.
L’annonce a été faite le 15 juillet à Abuja par le vice président Kashim Shettima lors de la première édition du Niger Delta Agricultural Development and Investment Summit. À travers ce mécanisme, le gouvernement fédéral souhaite soutenir des projets agricoles présentant un réel potentiel économique, avec une approche orientée vers la rentabilité et l’attraction des investissements privés plutôt que vers les subventions publiques.
Le programme cible plusieurs secteurs clés de l’agriculture nigériane. Les financements concerneront notamment la production de riz, de manioc, de cacao et de palmier à huile, mais aussi l’aquaculture, l’horticulture, les ressources marines ainsi que l’élevage. En valorisant ces filières, les autorités espèrent exploiter davantage les ressources naturelles du delta du Niger, dont le potentiel agricole demeure largement sous exploité.
Pour réunir les ressources nécessaires, Abuja prévoit de s’appuyer sur plusieurs partenaires financiers internationaux. La Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ainsi que plusieurs banques commerciales sont appelées à accompagner la mise en œuvre de ce fonds.
Cette initiative s’inscrit dans la politique économique portée par le président Bola Tinubu, qui vise à réduire la dépendance du Nigeria aux revenus pétroliers. Face à la hausse persistante des prix alimentaires et à la nécessité de limiter les importations de produits agricoles, le gouvernement entend renforcer la production nationale afin d’améliorer la sécurité alimentaire du pays.
En privilégiant un modèle fondé sur des investissements productifs et commercialement viables, les autorités espèrent également attirer davantage de capitaux privés et faire de l’agriculture un levier majeur de croissance économique au cours des prochaines années.
