Le Tchad franchit une nouvelle étape dans sa politique d’ouverture envers le continent africain. À l’occasion de l’ouverture du Forum africain de l’eau, organisé le 15 juillet 2026 à N’Djamena, le président Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé que les ressortissants de tous les pays africains seront désormais exemptés de visa d’entrée sur le territoire tchadien à compter du 1er janvier 2027.
Cette décision, dévoilée devant plusieurs chefs d’État africains et représentants d’institutions internationales, s’inscrit dans la volonté des autorités tchadiennes de renforcer la libre circulation des personnes et de favoriser une intégration plus poussée entre les pays du continent.
Dans son allocution, le chef de l’État a présenté cette réforme comme un engagement concret en faveur de l’unité africaine. Il a également réaffirmé l’ambition du Tchad de devenir un point de rencontre entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Nord, grâce à sa position géographique stratégique.
L’annonce est intervenue lors du Forum africain de l’eau, une rencontre placée sous le thème « De la Vision à l’Action », qui rassemble à N’Djamena des dirigeants africains, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs organisations internationales autour des questions liées à la gestion durable des ressources en eau, à l’assainissement et au financement des infrastructures hydrauliques.
Plusieurs personnalités de premier plan ont assisté à cette cérémonie, notamment le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, le président de la République démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le président béninois Romuald Wadagni ainsi que le président de l’Assemblée nationale du Togo, Komi Sélom Klassou.
En adoptant cette mesure, le Tchad rejoint le cercle des pays africains ayant supprimé les visas pour les citoyens du continent. Il devient ainsi le huitième État à mettre en œuvre une telle politique, après le Rwanda, le Bénin, la Gambie, les Seychelles, le Ghana, le Kenya et la République du Congo. Cette orientation est en phase avec les objectifs de l’Union africaine, qui encourage une mobilité accrue des citoyens afin de renforcer les échanges économiques et l’intégration régionale, notamment dans le cadre de l’Agenda 2063 et de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAf).
Au-delà de la question de la libre circulation, le président tchadien a profité de cette tribune pour attirer l’attention sur les défis liés à l’accès à l’eau. Il a appelé les partenaires internationaux à accroître leur soutien financier et a présenté le Pacte national pour l’eau, un programme évalué à 3,8 milliards de dollars sur cinq ans destiné à moderniser les infrastructures hydrauliques du pays.
En clôturant son intervention, Mahamat Idriss Déby Itno a invité les États africains à faire de l’eau un véritable moteur de résilience, de développement et de coopération, tout en appelant à transformer les engagements pris lors du Forum en réalisations concrètes au bénéfice des populations africaines.
