La controverse autour des récentes déclarations d’Ousmane Sonko prend une tournure judiciaire. Le Collectif des petits-fils de Serigne Touba a officiellement saisi le parquet près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, reprochant au président du PASTEF des propos jugés préjudiciables à l’image de la ville sainte de Touba.
La plainte, enregistrée le 15 juillet sous le numéro 12562, intervient quelques jours après l’inauguration du siège du parti PASTEF. Lors de cette cérémonie, Ousmane Sonko aurait affirmé que « de l’argent sale est entré dans la ville sainte de Touba », une déclaration qui a rapidement suscité de vives réactions au sein de la communauté mouride.
Pour les membres du collectif, représentés notamment par Serigne Modou Maroun Niang et Serigne Mourtalla Bousso, ces propos portent atteinte à l’honneur et à la réputation de Touba, haut lieu spirituel fondé par Cheikh Ahmadou Bamba. Ils estiment que cette affirmation est de nature à semer le doute sur les valeurs qui fondent l’identité de la cité religieuse, traditionnellement associée à la foi, au travail, à la probité et à la justice.
Dans leur requête, les plaignants demandent au procureur de la République d’ouvrir une enquête afin de vérifier les fondements des déclarations attribuées au leader politique. Ils souhaitent notamment qu’Ousmane Sonko soit entendu pour préciser le sens de ses propos et, le cas échéant, produire les éléments susceptibles de les justifier.
Le collectif sollicite également que toutes les investigations nécessaires soient menées. Si les faits devaient être considérés comme constitutifs d’une infraction, il demande que des poursuites soient engagées conformément aux dispositions de la législation sénégalaise, notamment pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles ou toute autre infraction qui pourrait être retenue.
Cette initiative judiciaire intervient dans un climat déjà marqué par des tensions entre le Premier ministre sénégalais et une partie des autorités religieuses. Elle relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole, particulièrement lorsqu’elles concernent des symboles religieux et des sujets sensibles au sein de la société sénégalaise.
