Le Cameroun dispose d’un important soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD), mais une grande partie de ces ressources tarde encore à être mobilisée sur le terrain. Selon les conclusions de la mission conjointe de revue du Document de stratégie pays (DSP), présentées le 14 juillet 2026 à Yaoundé, seulement 26 % du portefeuille actif de la BAD ont été effectivement décaissés.
Le portefeuille en cours représente désormais 1 629,24 milliards de FCFA. Sur ce montant, environ 423,6 milliards de FCFA ont été décaissés, tandis que plus de 1 205 milliards de FCFA restent encore à être versés pour financer les différents projets engagés dans le pays.
Ce faible niveau d’exécution s’explique par plusieurs difficultés relevées par la mission d’évaluation. Les délais de signature des conventions, l’entrée en vigueur des nouveaux projets, la mobilisation insuffisante des fonds de contrepartie ainsi que les retards dans la transmission des rapports d’audit ralentissent considérablement la mise en œuvre des investissements. Or, les décaissements sont directement liés au respect des procédures prévues dans les accords de financement et à l’avancement des travaux.
Cette situation affecte plusieurs secteurs stratégiques financés par la BAD, notamment les infrastructures de transport, l’énergie, l’agriculture et les projets à caractère social, dont l’exécution progresse à un rythme inférieur aux prévisions.
Malgré ces difficultés, la Banque africaine de développement relève quelques signaux encourageants. Le nombre de projets classés en situation d’alerte rouge a nettement diminué au cours des derniers mois, passant de 48 % en février 2026 à 26 % à la mi-juillet. Cette amélioration est attribuée à un suivi plus régulier des projets, mené à travers un plan d’action associant les différents acteurs concernés et des réunions de coordination organisées à un rythme soutenu.
Pour accélérer l’exécution des investissements, la mission recommande un recours plus important aux Actions anticipées d’acquisition, un mécanisme permettant de préparer les procédures de passation des marchés avant même l’entrée en vigueur des financements. Elle préconise également un renforcement des capacités des équipes chargées de la gestion des projets afin de limiter les retards observés.
La BAD annonce également des ajustements de ses propres procédures administratives. L’institution entend réduire à 21 jours le délai de délivrance des avis de non-objection, une mesure destinée à fluidifier le traitement des dossiers et à accélérer la mise en œuvre des projets.
Ces difficultés d’exécution contrastent toutefois avec la progression continue des engagements financiers de la Banque envers le Cameroun. Depuis le lancement du Document de stratégie pays 2023-2028, les engagements sont passés de 1 226,19 milliards à 1 603,59 milliards de FCFA. Dans le même temps, les ressources annuelles mobilisables par le Cameroun auprès du guichet BAD ont augmenté, passant de 273,25 milliards de FCFA en 2023 à 429,39 milliards de FCFA en 2026.
À ce jour, huit des onze projets prévus dans le cadre du Document de stratégie pays ont déjà été approuvés, pour un montant global de 833,8 milliards de FCFA. Les financements demeurent principalement concentrés sur les infrastructures de transport, qui absorbent plus de la moitié des ressources disponibles, devant l’énergie, l’agriculture et le secteur social.
Présente au Cameroun depuis 1972, la Banque africaine de développement a déjà approuvé 130 prêts et dons, représentant un montant cumulé d’environ 3 345 milliards de FCFA, confirmant ainsi son rôle de partenaire majeur du financement du développement du pays.
