La République démocratique du Congo est une nouvelle fois confrontée au virus Ebola. Le gouvernement congolais a officiellement annoncé, le 15 mai 2026, l’apparition d’une nouvelle épidémie dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays. Les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia figurent parmi les principales localités touchées.
Cette 17ᵉ flambée épidémique ravive les inquiétudes des autorités sanitaires, alors que la région reste fragilisée par des défis humanitaires et sécuritaires persistants.
L’alerte a été déclenchée après le décès d’un infirmier au Centre Médical Évangélique de Bunia le 24 avril dernier. Le soignant présentait plusieurs symptômes caractéristiques d’Ebola, notamment une forte fièvre, des vomissements, des hémorragies et une fatigue extrême. Comme lors des précédentes crises sanitaires, le personnel médical apparaît une fois encore parmi les premières victimes de la maladie.
Les analyses effectuées par l’Institut National de Recherche Biomédicale ont confirmé la présence de la souche Ebola Bundibugyo sur plusieurs échantillons sanguins. Cette variante du virus reste moins connue que la souche Zaïre, déjà responsable d’importantes épidémies dans le passé. Surtout, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible contre cette souche, ce qui rend la riposte plus complexe.
Sur le terrain, plusieurs facteurs favorisent la circulation du virus. Les déplacements fréquents des populations, les activités minières artisanales, les conditions de promiscuité ainsi que la méfiance d’une partie des habitants envers les structures sanitaires compliquent le travail des équipes médicales. Ebola se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées ou avec des objets contaminés.
Au 15 mai, les autorités sanitaires faisaient état de 246 cas suspects et de 80 décès. Plusieurs cas ont été confirmés positifs à Ebola Bundibugyo, dont quatre décès officiellement liés à cette souche. Le taux de mortalité observé reste particulièrement préoccupant.
L’inquiétude dépasse désormais les frontières de la RDC. L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre les risques de propagation vers les pays voisins, notamment l’Ouganda et le Soudan du Sud. Des réunions de coordination ont déjà été engagées afin de renforcer la surveillance sanitaire aux postes frontaliers et d’éviter une extension de l’épidémie dans la sous-région.
Cette crise intervient également dans un contexte où les infrastructures médicales de l’Ituri demeurent limitées. Les centres de santé manquent parfois de moyens pour faire face à une telle urgence sanitaire. Au-delà de l’aspect médical, la peur de la maladie pourrait aussi avoir des conséquences économiques importantes, notamment dans les zones minières où les échanges commerciaux sont essentiels à la vie locale.
Face à cette situation, les autorités congolaises, avec l’appui de leurs partenaires internationaux, concentrent leurs efforts sur l’identification rapide des cas, le suivi des personnes contacts et la sensibilisation des communautés. En l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo, la prévention reste aujourd’hui l’arme la plus efficace.
Les spécialistes rappellent l’importance d’éviter tout contact avec les fluides corporels des personnes malades, de respecter les mesures sanitaires lors des funérailles et de signaler rapidement les premiers symptômes aux structures de santé.
Habituée à combattre Ebola depuis plusieurs années, la RDC sait que la rapidité de la riposte sera déterminante pour éviter qu’un foyer localisé ne se transforme en une crise sanitaire régionale de grande ampleur.













































