Depuis la reprise de cette procédure judiciaire, les prises de position se multiplient dans l’opinion publique gabonaise. Au cœur des discussions, la démarche de l’État gabonais dans le dossier des biens concernés. Pour certains observateurs, cette posture pourrait être assimilée à une forme de trahison envers l’ancien président Omar Bongo Ondimba.
Une lecture que Herman Kamonomono rejette dans une publication diffusée sur Facebook. Selon lui, cette interprétation repose davantage sur une lecture émotionnelle du dossier que sur ses véritables enjeux juridiques.
« Il faut qu’on arrête cette polémique inutile qui consiste à présenter la position défendue par l’État gabonais devant la justice française comme une trahison du Président Brice Clotaire Oligui Nguema envers feu le Président Omar Bongo Ondimba », estime-t-il, considérant que cette accusation ne repose ni sur une cohérence juridique ni sur une logique politique.
Pour Herman Kamonomono, le raisonnement doit partir d’un principe essentiel : l’État gabonais possède ses propres intérêts juridiques et patrimoniaux qu’il est en droit de défendre, y compris devant une juridiction étrangère.
Dans le cadre de l’affaire des Biens Mal Acquis, le Gabon entend notamment faire valoir l’existence d’un éventuel préjudice subi par l’État et défendre les intérêts qui en découlent. Cette démarche ne signifie donc pas qu’il s’agit d’une attaque personnelle contre les personnes concernées par le dossier.
La question est avant tout celle des droits de l’État et de sa capacité à obtenir réparation lorsqu’il estime avoir subi un dommage.
Une logique qui, selon cette analyse, présente également une cohérence avec la volonté du Gabon de faire reconnaître son éventuelle qualité de victime. L’État ne pourrait, dans le même temps, réclamer réparation et refuser de démontrer le préjudice susceptible de justifier cette demande.
Le débat autour d’un éventuel conflit d’intérêts doit lui aussi être replacé dans son cadre juridique. Pour Herman Kamonomono, la participation de l’État à une procédure visant à défendre son patrimoine ne saurait être automatiquement assimilée à une volonté de condamner les personnes mises en cause.
Il appartient à la justice d’examiner les faits, d’établir les éventuelles responsabilités et de déterminer les conséquences juridiques qui pourraient en découler.
Cette distinction est d’autant plus importante que la position du Gabon devant la justice française ne vaut pas condamnation définitive des personnes concernées. La présomption d’innocence demeure un principe fondamental de toute procédure judiciaire.
L’intervention de l’État vise ainsi à faire entendre ses intérêts dans une affaire susceptible d’avoir des conséquences sur son patrimoine. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer la culpabilité ou l’innocence des personnes visées.
Au fond, Herman Kamonomono invite donc à changer la question. Plutôt que de savoir si la position du Gabon constitue une trahison envers Omar Bongo Ondimba, il estime qu’il faut s’interroger sur la capacité de l’État à défendre ses propres intérêts lorsqu’il considère avoir subi un préjudice.
Dans cette perspective, la réponse est claire : un État peut faire valoir ses droits devant une juridiction, y compris lorsqu’une telle démarche implique des personnalités ou des intérêts liés à son histoire politique.
Le véritable enjeu serait alors de laisser la justice déterminer les faits, les responsabilités éventuelles et le devenir des biens concernés, sans confondre procédure judiciaire et jugement politique.
Pour Herman Kamonomono, défendre les intérêts du Gabon ne revient donc pas à trahir une personne ou une mémoire. Il s’agit, avant tout, de permettre à l’État d’exercer ses droits et de protéger ses intérêts juridiques et patrimoniaux.
Le débat autour de l’affaire des Biens Mal Acquis pourrait ainsi gagner à sortir de la polémique pour revenir à l’essentiel : les faits, le droit et les intérêts de l’État gabonais.

















































