
Baptisée RAFFINOR BF, cette nouvelle usine marque la volonté des autorités burkinabè de ne plus limiter l’exploitation minière à l’extraction du minerai. Lors de l’inauguration, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a défendu une approche fondée sur la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur.
« Notre ambition n’est plus d’être juste un pays qui extrait et qui amène sa matière première dehors », a déclaré le chef de l’État, qui souhaite voir l’or et les autres ressources minières transformés localement.
L’enjeu est important pour un pays dont l’économie repose largement sur l’exploitation aurifère. En disposant désormais d’une capacité nationale d’affinage, le Burkina Faso entend récupérer une partie de la valeur ajoutée jusque là créée à l’extérieur du pays, tout en renforçant le contrôle sur sa production.
La réalisation de RAFFINOR BF représente un investissement de plus de 11 milliards de FCFA, mobilisés par l’État à travers notamment la Société nationale des substances précieuses, en partenariat avec le secteur privé national. L’installation repose sur des équipements automatisés et des technologies présentées comme répondant aux standards industriels.
Pour sa première phase d’exploitation, la raffinerie doit pouvoir traiter jusqu’à 164 tonnes d’or par an. À terme, cette capacité pourrait être portée à 515 tonnes, avec l’ambition de couvrir aussi bien la production industrielle que celle issue de l’exploitation artisanale.
Au delà de l’activité industrielle, les autorités veulent également faire de cette nouvelle infrastructure un levier de développement des compétences locales. Le président Ibrahim Traoré a ainsi appelé la jeunesse burkinabè à se former aux métiers techniques liés à l’ensemble de la chaîne de valeur minière.
Pour le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, cette mise en service constitue une étape majeure dans la volonté du pays de mieux maîtriser ses ressources. L’objectif affiché est désormais de faire du Burkina Faso un centre de référence pour l’affinage de l’or en Afrique de l’Ouest.
Avec RAFFINOR BF, Ouagadougou cherche donc à franchir un cap : passer d’un modèle principalement basé sur l’extraction à une industrie capable de transformer localement une ressource stratégique. Reste désormais à mesurer les retombées concrètes de cette nouvelle capacité sur les recettes publiques, les emplois et la création de valeur au profit de l’économie burkinabè.