« Je serai candidat pour la présidentielle », a déclaré Embaló à l’Agence France Presse (AFP), confirmant ainsi son intention de participer au prochain scrutin. Il n’a toutefois pas précisé à quelle date il compte rentrer en Guinée Bissau. Des militants de son camp évoquent un retour le 4 octobre, mais cette date n’a pas été confirmée par l’ancien chef de l’État.
Son retour annoncé intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Le 26 novembre 2025, des militaires avaient pris le pouvoir à la veille de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives organisées quelques jours auparavant. Le processus électoral avait alors été suspendu et Embaló avait quitté le pays.
Depuis, une transition dirigée par le général Horta N’Tam a été mise en place. Le dirigeant de la transition a récemment affirmé que les ressortissants bissau guinéens étaient libres de rentrer dans leur pays, y compris Embaló. La Charte de la Transition interdit cependant au chef de la junte et au Premier ministre de transition de se présenter à la prochaine présidentielle.
Le calendrier établi prévoit désormais un double scrutin présidentiel et législatif le 6 décembre 2026, avec pour objectif affiché de mettre fin à la transition militaire et de rétablir un pouvoir civil. Mais le contexte institutionnel a évolué depuis le renversement d’Embaló : un référendum organisé en août 2026 a approuvé une nouvelle Constitution qui renforce notamment les pouvoirs du président.
Cette évolution ajoute un nouvel enjeu au retour annoncé de l’ancien président. La question de son éligibilité et les conditions dans lesquelles les différentes candidatures pourront être enregistrées seront particulièrement suivies à l’approche du scrutin.
La Guinée Bissau reste en effet marquée par une succession de crises politiques et de prises de pouvoir militaires depuis son indépendance du Portugal en 1974. L’annonce d’Embaló intervient donc alors que le pays cherche à sortir d’une nouvelle période de rupture institutionnelle.
À quelques mois de la présidentielle, le retour annoncé de l’ancien chef de l’État ouvre ainsi une nouvelle séquence politique. Embaló veut retrouver les urnes après avoir perdu le pouvoir dans les circonstances qui ont interrompu le précédent processus électoral. Le scrutin du 6 décembre devra déterminer les conditions du retour au pouvoir civil en Guinée Bissau.
