Dans plusieurs villes du Gabon, de nombreux usagers des taxis dénoncent une pratique devenue presque habituelle : les détours interminables effectués par certains chauffeurs avant d’arriver à destination. Une situation qui provoque frustration, retards et incompréhensions chez les clients, notamment aux heures de pointe.
Pour plusieurs passagers, prendre un taxi « course » ne garantit plus forcément un trajet direct. Certains chauffeurs multiplient les arrêts, changent d’itinéraire ou empruntent des chemins éloignés de la destination initiale afin de transporter davantage de clients et maximiser leurs recettes quotidiennes.
Olivier Ngome, employé dans une administration de la capitale, raconte son expérience avec agacement :
« Quand je prends le taxi le matin depuis chez moi à IAI à 1 500 francs pour aller au bureau au Pavillon, le chauffeur me fait souvent faire la balade dans plusieurs quartiers. J’ai l’impression qu’ils ne tiennent pas compte de l’urgence des clients. Leur priorité, c’est surtout de prendre le maximum de personnes possible. »
Même constat pour Hance Allogo, qui dit subir cette situation presque quotidiennement :
« Franchement, c’est parce que je suis encore piéton que je suis obligé de supporter ça. Certains taxis peuvent vraiment nous rendre fous. On perd du temps et parfois on arrive en retard sans aucune explication. »
Du côté des chauffeurs de taxi, la réalité économique est souvent avancée pour justifier ces pratiques. Interrogé sur le sujet, un taximan explique que la baisse des clients et les difficultés du métier poussent certains conducteurs à multiplier les trajets.
« Parfois, un client propose une somme pour aller dans une direction, puis un autre veut aller ailleurs avec une autre course. On est obligé de jongler parce qu’il y a des moments où il n’y a pas assez de clients. »
Entre contraintes économiques des chauffeurs et exigences des passagers, le climat devient parfois tendu dans les transports urbains. Certains usagers estiment que le confort et le respect du client passent désormais au second plan.
« Le client est roi », dit souvent l’expression populaire. Mais pour de nombreux passagers, ce principe semble difficile à appliquer dans certains taxis urbains. Plusieurs dénoncent un manque de considération, tandis que d’autres chauffeurs répondent que les clients pressés peuvent désormais se tourner vers des plateformes de transport comme Gozem ou d’autres services privés.
Au quotidien, cette situation illustre surtout les difficultés persistantes du transport urbain : absence de régulation stricte, pression économique sur les chauffeurs et manque d’alternatives accessibles pour une grande partie de la population. En attendant une meilleure organisation du secteur, passagers et taximen continuent de cohabiter dans un climat souvent marqué par l’incompréhension et la méfiance.













































