Le changement est désormais visible sur le terrain. À partir du dépôt de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP), les opérations de chargement des produits ont été intensifiées afin de réalimenter rapidement les stations concernées. Une centaine de camions citernes ont été mobilisés par les distributeurs pour assurer cette reprise.
Le dispositif fonctionne actuellement à un rythme d’environ 12 camions chargés chaque heure. La priorité est donnée aux quelque 50 stations service du Grand Libreville, où les files d’attente s’étaient formées au cours des dernières heures en raison de la disponibilité limitée du carburant.
Mais la capitale économique n’est pas la seule concernée. Une dizaine de wagons citernes sont également mobilisés pour acheminer les produits pétroliers vers les villes de l’intérieur du pays. L’objectif est donc de rétablir progressivement la distribution sur l’ensemble du territoire et d’éviter que les perturbations observées dans le Grand Libreville ne se prolongent ailleurs.
Pour les autorités, la situation est désormais en voie d’amélioration. Thibault Idoumi, directeur général de l’aval pétrolier et gazier, explique que le chargement des camions constitue l’étape qui permet de faire passer les produits du dépôt vers les stations. Il appelle ainsi les automobilistes à éviter de se précipiter dans les files d’attente, estimant que les volumes disponibles doivent permettre de servir progressivement les consommateurs.
Sur le terrain, les premiers effets de cette reprise commencent effectivement à se faire sentir. À Owendo, où se concentre une partie importante du dispositif logistique, les citernes quittent progressivement le dépôt pour rejoindre les stations. Les automobilistes peuvent ainsi recommencer à s’approvisionner après plusieurs heures d’incertitude.
Cette reprise reste toutefois surveillée de près, car l’épisode vient rappeler la vulnérabilité du système national d’approvisionnement. Lorsque les stocks disponibles diminuent, quelques jours de perturbations dans les arrivages peuvent rapidement se traduire par des difficultés dans les stations, avec des conséquences directes sur les déplacements et les activités économiques.
La capacité de stockage constitue justement l’un des principaux points sur lesquels le dispositif national doit encore progresser. La SGEPP dispose actuellement d’une capacité d’environ 36 000 mètres cubes. Une réserve qui peut se révéler limitée lorsqu’une perturbation intervient sur la chaîne d’approvisionnement.
Un nouveau dépôt de plus de 60 000 mètres cubes a toutefois déjà été construit. Sa mise en service doit permettre d’augmenter considérablement les capacités disponibles et de porter la capacité nationale de stockage à plus de 90 000 mètres cubes.
L’enjeu est donc désormais de transformer cette crise de 48 heures en leçon pour le système d’approvisionnement national. Le retour du carburant dans les stations permet de répondre à l’urgence, mais l’augmentation des capacités de stockage doit surtout permettre au Gabon de mieux absorber les prochaines perturbations du marché pétrolier et les éventuels retards dans les arrivages.
Pour les automobilistes du Grand Libreville, la priorité reste néanmoins immédiate : retrouver des stations régulièrement approvisionnées et pouvoir faire le plein sans devoir passer de longues heures dans les files. Après deux jours de tension, la reprise des livraisons marque un premier retour au calme. Il faudra désormais s’assurer que cette amélioration se confirme dans les prochains jours et que les produits atteignent également les différentes localités de l’intérieur du pays.
