Dans le débat public africain comme international, les crises sont souvent réduites à des chiffres (croissance, inflation, pertes humaines, indicateurs climatiques). Pourtant, derrière ces données se cache une réalité plus silencieuse mais décisive dont celle des femmes qui tiennent les sociétés debout, souvent sans reconnaissance à la hauteur de leur rôle.
C’est dans cette perspective que s’inscrit la démarche de la Première dame du Gabon, Mme Zita Oligui Nguema, qui défend une idée simple mais exigeante : « on ne peut pas parler de développement durable sans placer les femmes au centre des politiques de résilience ».
Dans la plupart des contextes de crise en Afrique, les femmes sont en première ligne. Elles absorbent les chocs économiques, compensent les défaillances des systèmes sociaux, maintiennent les familles et assurent la continuité du quotidien, même lorsque tout vacille autour d’elles.
Hausse du coût de la vie, accès limité aux soins, insécurité alimentaire, surcharge domestique, les crises ne les touchent pas de manière abstraite, elles les épuisent concrètement. C’est précisément ce constat qui rend leur renforcement non pas optionnel, mais stratégique.
À travers le programme ÉQUILIBRES 2026–2029, porté dans le cadre de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement, l’ambition affichée est de rompre avec une approche trop souvent réactive.
Il ne s’agit plus seulement d’intervenir après les crises, mais d’anticiper leurs effets sociaux les plus profonds, telles que les fragilités économiques, la détresse psychologique, les ruptures familiales. L’enjeu est de passer de la survie à la stabilité avec l’accès aux soins, l’accompagnement social, la prévention, l’autonomisation économique.
Les crises climatiques, économiques et sécuritaires ne frappent jamais de manière uniforme. Même lorsqu’elles semblent éloignées, leurs effets se diffusent dans les sociétés perceptibles par l’inflation, les migrations internes, la pression sur les services publics, la fragilisation des équilibres sociaux.
Et dans cette chaîne de conséquences, les femmes jouent un rôle central, non pas parce qu’elles sont responsables de la crise, mais parce qu’elles en absorbent une grande partie des conséquences. C’est là que se situe le point aveugle des politiques publiques.
Renforcer les femmes ne relève pas uniquement d’une logique sociale ou humanitaire. C’est un choix de stabilité. Une société qui fragilise ses piliers invisibles s’expose à des déséquilibres durables. C’est aussi le sens de l’engagement porté par Zita Oligui Nguema, en particulier replacer la question sociale au cœur des stratégies de développement, et non à leur périphérie.
L’Afrique ne manque pas de discours sur le développement. Ce qui manque encore, trop souvent, c’est la traduction concrète de ces ambitions dans la vie quotidienne des populations. En plaçant les femmes au centre de la résilience sociale, cette vision rappelle une réalité simple qu’il n’y aura pas de stabilité durable sans elles.
















































