À Nzeng Ayong, dans le 6e arrondissement de Libreville, l’enseignante affirme avoir constaté, dès 7 heures du matin, une situation qui l’a interpellée : alors que certains consommaient de l’alcool dans le marché, des commerçants étrangers s’activaient au déchargement des marchandises. Une scène qui, selon elle, illustre le risque de voir les nationaux perdre progressivement leur place dans certaines activités économiques.
Son constat s’étend également au Woleu Ntem. Elle évoque notamment la récolte de manioc, qui aurait nécessité le recours à des travailleurs burkinabè rémunérés pour effectuer les travaux champêtres. Pour Honorine Ngou, cette situation soulève une question essentielle : comment développer la production locale si les activités agricoles peinent à mobiliser suffisamment de main d’œuvre nationale ?
Au delà de ces exemples, son intervention met en lumière les enjeux de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de la valorisation du travail manuel. Elle estime que l’oisiveté et le désintérêt pour certaines activités productives risquent de fragiliser la place des Gabonais dans leur propre économie.
Son appel invite ainsi les citoyens à privilégier l’action, la formation et l’initiative économique plutôt que de délaisser les secteurs porteurs d’emplois et de revenus. L’agriculture, le commerce et les autres activités productives peuvent en effet constituer des leviers importants pour renforcer l’autonomie économique du pays.
Reste que cette question ne se limite pas aux comportements individuels. L’accès aux financements, aux équipements, aux débouchés commerciaux et à des conditions de travail attractives compte également dans la capacité des nationaux à investir durablement ces secteurs.
Le message d’Honorine Ngou relance donc un débat important : comment encourager davantage de Gabonais à s’engager dans les activités productives afin de participer pleinement au développement économique du pays ?
