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Gabon : malgré la hausse du coût du pétrole sur le marché mondial, l’État maintient l’essence à 595 F CFA et le gasoil à 575 F CFA depuis 2024

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Ces tarifs avaient été réduits de 10 F CFA par litre au 1er janvier 2024. À cette période, le prix de l’essence était passé à 595 F CFA, tandis que celui du gasoil avait été ramené à 575 F CFA. Le prix du gaz domestique avait également été revu à la baisse, avec une bouteille de 12 kg passée de 5 950 à 4 950 F CFA.

Depuis, malgré les fluctuations du marché international, cette grille tarifaire n’a pas été modifiée. Une situation qui permet de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, mais qui représente également un effort financier important pour les finances publiques.

En 2026, la hausse du coût du gasoil sur les marchés internationaux renforce cette pression. Comme une partie des besoins du Gabon repose sur l’importation de produits pétroliers, l’évolution des cours mondiaux se répercute directement sur le coût réel de l’approvisionnement.

Pour maintenir les prix accessibles aux consommateurs, l’État prend donc en charge une partie de cet écart. Le montant prévu pour la subvention aux carburants en 2026 a ainsi atteint 55,3 milliards de F CFA, alors que 12 milliards de F CFA avaient initialement été programmés.

Cette politique permet de maintenir des prix relativement bas à la pompe, mais elle pèse davantage sur le budget de l’État. Dans sa Revue des finances publiques du Gabon 2026, la Banque mondiale considère d’ailleurs les subventions aux carburants comme une charge importante et encourage les autorités à privilégier progressivement des mécanismes d’aide mieux ciblés.

À l’échelle de la CEMAC, le niveau des prix gabonais reste par ailleurs relativement bas. Avec l’essence à 595 F CFA le litre, le Gabon se situe sous les niveaux indiqués pour plusieurs autres pays de la sous région : 645 F CFA en Guinée équatoriale, 700 F CFA au Tchad, 775 F CFA au Congo, 840 F CFA au Cameroun et 1 150 F CFA en République centrafricaine.

Cette comparaison permet de mesurer l’effort actuellement consenti pour maintenir les prix à la pompe. Mais derrière cette stabilité se pose une question majeure : jusqu’où l’État peut il continuer à financer la différence entre le coût réel des produits et le prix payé par les consommateurs ?

Le Gouvernement avait déjà été confronté à cette question en 2025. La suppression de la subvention, envisagée pour le 1er janvier 2026, n’avait finalement pas été retenue. Le Ministre du Pétrole et du Gaz avait alors mis en avant les conséquences économiques et sociales qu’aurait pu entraîner une telle décision.

Le débat porte également sur les bénéficiaires réels de cette politique. Selon la Banque mondiale, 96 % du coût des subventions aux carburants profite à la moitié la plus aisée de la population. Une situation qui pousse l’institution à recommander une meilleure orientation des aides publiques vers les ménages qui en ont le plus besoin.

Pour y parvenir, les autorités travaillent notamment sur des outils de ciblage social comme le Registre social unique et le recensement des Gabonais économiquement faibles.

Pour l’heure, aucune hausse des prix à la pompe n’a été annoncée. La priorité reste donc de maintenir l’approvisionnement en carburants tout en maîtrisant le coût de la subvention pour l’État.

La situation actuelle met ainsi en évidence un double défi pour le Gabon : continuer à garantir des prix accessibles aux consommateurs malgré les fluctuations internationales, tout en trouvant un système de soutien public suffisamment ciblé pour limiter la pression sur les finances de l’État.

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