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Pendant plusieurs années, tout s’est déroulé comme si de rien n’était. Pourtant, en coulisses, une anomalie majeure s’installait durablement : l’absence de comptes certifiés au sein de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon. Une situation qui, aujourd’hui révélée, soulève bien plus que de simples questions techniques.

Car derrière les chiffres non validés, c’est toute la mécanique de gouvernance qui semble s’être grippée. Une entreprise de cette envergure, censée respecter des règles strictes en matière de transparence, a fonctionné durant six ans sans passer par une étape pourtant essentielle : la validation indépendante de ses comptes. Difficile, dans ces conditions, de parler de gestion rigoureuse.

Le problème a éclaté au grand jour au moment où la société cherchait à obtenir un soutien financier pour faire face à ses engagements, notamment une dette importante envers un fournisseur énergétique. Sans documents fiables à présenter, la réalité s’est imposée : il fallait régulariser en urgence plusieurs années d’exercice. Une course contre la montre qui en dit long sur l’ampleur du retard accumulé.

Mais au-delà de l’entreprise elle-même, une autre question dérange : où étaient les mécanismes de contrôle ? L’actionnaire principal, censé veiller à la bonne gestion de cet actif stratégique, n’a visiblement pas tiré la sonnette d’alarme à temps. Ce silence interroge et met en lumière des failles plus profondes dans la supervision des entreprises publiques.

Sur le terrain, les conséquences sont déjà bien visibles. Endettement massif, investissements insuffisants, réseau fragilisé… et, au bout de la chaîne, des usagers confrontés à des coupures répétées et à un service de plus en plus incertain. La gestion financière défaillante n’est donc pas qu’un problème de comptabilité : elle impacte directement le quotidien.

Face à l’urgence, les pouvoirs publics ont dû intervenir pour éviter une situation encore plus critique. Mais cette réponse, bien que nécessaire, reste provisoire. Elle ne règle ni les dysfonctionnements internes, ni les questions de responsabilité.

La remise en ordre des comptes, aujourd’hui engagée, est une étape importante. Mais elle ne suffira pas à restaurer la confiance à elle seule. Ce qui est désormais attendu, c’est un véritable examen des pratiques passées, et surtout, des garanties solides pour éviter qu’un tel épisode ne se reproduise.

Car au fond, l’enjeu dépasse largement une entreprise : il concerne la crédibilité de toute une gestion publique, et la confiance que les citoyens peuvent encore lui accorder.

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