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Gabon : à Libreville, les bars, maquis et églises continuent de faire du bruit malgré l’interdiction de dépasser 85 décibels

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Pour les riverains, le problème ne date pas d’hier. Les nuisances sonores perturbent le repos et alimentent un sentiment d’abandon chez des habitants qui voient se prolonger des pratiques pourtant encadrées par la réglementation.

Il y a quelques mois, les autorités municipales avaient pourtant annoncé des mesures destinées à limiter ces nuisances. La mairie de Libreville avait notamment rappelé l’interdiction de dépasser le seuil de 85 décibels, conformément au cadre réglementaire en vigueur. Malgré ces dispositions, les plaintes liées au bruit restent nombreuses dans plusieurs zones de la capitale.

Le décalage entre les annonces et la réalité du terrain est aujourd’hui au cœur des préoccupations. Dans certains endroits très fréquentés, les activités bruyantes se poursuivent tard dans la nuit sans que les riverains ne constatent véritablement de mesures coercitives contre les établissements ou personnes à l’origine des nuisances.

Cette situation pose surtout la question de l’application effective des règles. Une réglementation, aussi claire soit elle, perd une grande partie de sa portée lorsqu’elle n’est pas accompagnée de contrôles réguliers et de sanctions lorsque les limites sont dépassées.

Le problème est particulièrement visible dans les secteurs très animés de Libreville, notamment autour des grands marchés et carrefours commerciaux. Pour de nombreux habitants, le bruit semble être devenu une composante ordinaire de la vie nocturne, commerciale ou religieuse de la capitale.

Mais derrière cette apparente banalisation se trouve une véritable question de santé publique. L’exposition répétée à des niveaux sonores élevés peut perturber le sommeil et favoriser le stress. Pour les personnes vivant à proximité des établissements concernés, les nuits peuvent ainsi devenir particulièrement difficiles lorsque les nuisances se prolongent jusqu’à l’aube.

Le cadre juridique existe pourtant. L’article 593 du Code de la Santé fixe notamment le seuil de 85 décibels. Les autorités municipales avaient également annoncé des dispositions visant à mieux encadrer la diffusion sonore dans la capitale.

Reste désormais à savoir comment ces règles sont contrôlées et quelles suites sont données aux infractions constatées. Car pour les populations, le véritable enjeu n’est plus seulement de voir de nouvelles mesures annoncées, mais de constater leur application concrète.

À Libreville, les habitants réclament avant tout le respect de leur tranquillité. Entre activités commerciales, célébrations religieuses et vie nocturne, l’équilibre reste à trouver entre le droit d’animer la ville et celui des riverains de pouvoir vivre et dormir dans un environnement préservé des nuisances excessives.

La question demeure donc entière : combien de temps encore les Librevillois devront ils subir ces nuisances avant de voir les règles effectivement appliquées et les contrevenants sanctionnés ?

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