Face à un système de santé encore fragile et des budgets publics limités, le Tchad s’engage dans une transformation majeure de son offre médicale. La capitale, N’Djamena, a récemment dévoilé deux projets hospitaliers d’envergure qui visent à réduire la dépendance aux soins à l’étranger et à moderniser les infrastructures locales.
Le premier projet, un centre de cardiologie moderne, est financé par le Fonds saoudien de développement. Installé à l’hôpital de La Renaissance, il couvrira 8 000 m², disposera de 90 lits, de blocs opératoires, de salles de cathétérisme et d’unités de soins intensifs cardiovasculaires. Avec un budget de 50 millions de dollars, l’objectif est clair : renforcer les compétences locales et offrir des soins spécialisés directement sur place.
Le second projet, l’hôpital général Sheikha Fatima Bint Mubarak, est réalisé en partenariat avec les Émirats arabes unis via l’entreprise Burjeel. Doté de 180 lits et d’un budget de 21 milliards de FCFA (environ 37,7 millions de dollars), il devrait ouvrir ses portes en mai 2028. Destiné à couvrir les besoins d’environ deux millions de personnes, il mettra un accent particulier sur la santé maternelle et infantile, un domaine où le pays reste fortement déficitaire.
Ces initiatives interviennent alors que les dépenses publiques de santé représentent seulement 7 % du budget national, soit 223,4 milliards de FCFA pour 2026, en léger retrait par rapport à l’année précédente. Elles montrent que le Tchad mise sur les partenariats internationaux pour combler ses lacunes structurelles et offrir un accès aux soins plus équitable.
Avec ces deux projets phares, N’Djamena espère amorcer une réelle transformation du système hospitalier, renforcer les compétences locales et réduire durablement le nombre de Tchadiens contraints de se faire soigner à l’étranger.
















































